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Entre patrons à plumes et marinières

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Les lobbies patronaux aux noms d'oiseaux fleurissent sur la toile, alors que l'examen du budget 2013 est en cours à l'Assemblée nationale. Et le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, revêt à son tour la marinière rayée pour faire la promotion du "made in France".
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Radio France
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La mode des plumes semble faire fureur chez les patrons. A la suite de ce mouvement d'entrepreneurs qui s'est baptisé les pigeons et qui a obtenu des amendements au projet de budget 2013, une déclinaison locale vient de naître du côté de Nantes : les "canaris", référence à l'équipe de foot. Une autre petite poignée d'entrepreneurs a pris son envol sous le nom des "moineaux", mais là les choses se compliquent puisque c'est aux pigeons qu'ils s'opposent et pas au gouvernement. Plus sérieusement, la présidente du Medef, Laurence Parisot, assure sur RTL qu'il n'y a pas de divorce entre les patrons et le gouvernement. Mais elle pose des conditions à la vie commune : "Il y a du dialogue et nous avons des désaccords et je ne veux plus qu'on puisse dire de la France que c'est le seul pays qui écrase à ce point ses entreprises par des charges sociales et fiscales ".

Nouveau parti au centre

Jean-Louis Borloo entend réaliser ce que François Bayrou a manqué avec le Modem : la constitution d'une grande force politique au centre. Avec la création de l'UDI, il a déjà amené l'ex-Nouveau centre dans son giron. Dimanche, il tiendra son assemblée constituante. Et l'objectif affiché c'est l'Elysée, ni plus ni moins. Pour y parvenir, il crée un gouvernement fantôme, sur le modèle des shadow cabinets britanniques. L'animateur de ce jeu de rôles est Yves Jégo, député de Seine-et-Marne, qui s'expliquait ce matin sur canal plus : "Quand on voit comment le parti socialiste s'est assez peu préparé à gouverner, comment on est dans l'amateurisme, nous voulons effectivement nous préparer et l'idée c'est de mettre en scène nos propositions ".

Et avant l'Elysée en 2017 éventuellement, Jean-Louis Borloo est l'objet d'appels du pied de la droite parisienne pour les prochaines municipales.

Une marinière pour le made in France

Cette marinière, le tricot rayé des marins, s'étale en couverture du Parisien Magazine, sur les épaules également made in France du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg qui brandit aussi un mixeur Moulinex. Un nouveau coup de pub pour la société bretonne Armor Lux, qui s'était déjà illustré sur ce thème pendant la campagne présidentielle. Depuis Bruxelles, François Hollande a applaudi la pose de son ministre, non sans une certaine ironie : "je vois qu'il est prêt à revêtir tous les vêtements nécessaires pour promouvoir les produits français. Ca n'ira pas plus loin. Mais je pense que c'est bien non pas simplement d'être l'affirmation cocardière. Il faut améliorer notre compétitivité, créer la Banque publique d'investissement, préserver nos outils industriels. Mais je trouve très bien que Arnaud Montebourg paye de sa personne et même de ses vêtements ".

Mais pour le patron du parti communiste, Pierre Laurent, interrogé sur LCI, le problème, c'est que l'étiquette made in France cache une réalité moins glorieuse : "Très souvent des produits sur lesquel il est inscrit made in France sont remplis de composants produits à l'étranger. Donc on dervrait d'abord s'occuper de nos bases productives ", a-t-il souligné sur i-télé.

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