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Coup de théâtre à Petroplus, incertitude sur la PAC

Le changement de perspective inattendu à la raffinerie normande Petroplus provoque des interrogations à la fois sur la communication dans ce dossier et sur la solidité des offres de reprise. Et alors que s'ouvre un sommet européen consacré au budget de l'Union ce jeudi, la réforme de la politique agricole commune s'impose encore comme un sujet d'empoignades.

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Petroplus : qui a parlé trop vite ?

C'est ce qu'on appelle un coup de théâtre : mercredi matin, on a cru la raffinerie Petroplus presque sauvée. Mais la direction a annoncé aux 470 salariés que les deux offres de reprises un peu vite jugées sérieuses n'étaient en fait pas bien ficelées et que la justice demandait à ce qu'elles soient complétées avant de se prononcer. Le ministre du travail, Michel Sapin, a fustigé sur Radio classique ceux qui parlent trop vite : "On ne commente pas la recherche d'une solution chaque heure. C'est pas "oui" la veille et "non" le lendemain. Il y a un processus. C'est un appel à des candidatures pour reprendre. Qui va les examiner ? C'est le tribunal de commerce et le procureur de la République. C'est toujours comme cela que l'on fait ".

Il ne précise pas qui est visé, mais pour la droite, la cible est claire : c'est Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, qui s'est montré trop optimiste et a fait naître de faux espoirs. Le député et ancien ministre Bruno le Maire l'attaque sur itélé : "Ca fait partie des dossiers sur lesquels le gouvernement et en particulier Arnaud Montebourg, a enfumé les salariés. J'espère vraiment que le gouvernement a un repreneur, qu'il a une perspective de développement économique pour ce site. Sinon, il y aura une colère des ouvriers et moi, je serai du côté de la colère de ces ouvriers ".

Sur ce plan tout espoir n'est pas perdu jure le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici sur France Inter : "Ils ne doivent pas abandonner l'espoir. Le tribunal de commerce n'a pas dit qu'il n'y avait pas d'offre, c'est qu'il demandait que ces offres soient précisées. Et j'ajoute que s'il advenait - et je le souhaite - que l'une des ces offres soit sérieuse, le gouvernement est prêt à faire en sorte que l'Etat prenne une participation minoritaire ".

La PAC sur le grill au sommet européen

La politique agricole commune est un sujet d'empoignades européennes. Ce sommet ne déroge pas à la règle, au contraire. Des projets de coupes budgétaires qualifiées d'inacceptables par la France sont sur la table. Et malgré une rallonge de 8 milliards d'euros concédée in extremis , la bataille n'est pas terminée, explique le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll sur France Info : "Il y a une bataille aujourd'hui. On était à 386 milliards et le proposition qui était sur la table, c'était 269 milliards. Donc il faut faire remonter cette proposition. Et c'est toutes les discussions que mène le Président de la République en ce moment ".

La France n'est pas pressée de voir ce sommet réussir, car un échec des discussions signifierait le maintient du montant de la PAC, tandis que la Grande-Bretagne, de son côté, conserverait son chèque. De quoi esquisser une entente entre Paris et Londres. Autre inquiétude sur ce sommet, le maintient de l'aide alimentaire européenne aux plus démunis.

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