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Un attentat à l'origine de la catastrophe de Fréjus, en 1959 ?

Un documentaire diffusé sur Arte récuse la thèse de l'accident. Si le barrage de Malpasset, à Fréjus, a cédé en 1959, ce serait à cause d'un attentat du FLN. Plus de 400 personnes avaient trouvé la mort dans la catastrophe.

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Cette thèse est nouvelle. Arte l'a avancée, mardi soir, dans un documentaire. L'information est passée à peu près inaperçue. Mais Emmanuel Berretta, journaliste au Point, l'a repérée. Il s'y arrête sur le site du magazine

Plus de 400 morts

Plus de cinquante ans après, la catastrophe de Malpasset reste un traumatisme pour toute la région. Nous sommes en 1959, dans le Var. Le barrage est presque neuf. Il a été construit cinq ans plus tôt. Mais soudain, le 2 décembre, il se fissure. Il cède. Toute l'eau se déverse dans la vallée. Elle emporte les maisons. Plus de 400 habitants sont tués. La France est bouleversée. 

La thèse de l'accident

Une enquête est lancée. Elle aboutit seulement en 1971, douze ans plus tard. Elle conclut à la fatalité, au manque de chance. Des failles géologiques n'auraient pas été détectées. La pluie se serait accumulée. L'accident serait devenu inévitable.

Un attentat du FLN ?

Jusqu'à aujourd'hui, cette explication ne faisait aucun doute. Mais selon le film diffusé mardi sur Arte, il s'agit d'un attentat, d'une attaque liée à la guerre d'Algérie. Les indépendantistes du FLN auraient fait sauter le barrage de Malpasset. 

Le documentaire d'Arte n'est pas consacré spécifiquement à la catastrophe de Fréjus. Il s'intéresse aux relations entre la France et l'Allemagne et au rôle des services secrets.

En passant, il donne cette information, telle quelle : un agent ouest-allemand, Richard Christmann savait où et quand l'attentat aurait lieu. Il aurait prévenu ses chefs. Mais la hiérarchie n'aurait pas réagi. Pourquoi ? Nous l'ignorons. Le documentaire se contente de rappeler qu'à l'époque les services secrets allemands, à l'Ouest et à l'Est, jouaient un double jeu. Il aidaient parfois le FLN. Ils étaient donc bien informés. 

Des recherches encore en cours

Cette thèse de l'attentat est très difficile à croire. Arte, qui est une chaîne sérieuse, essaie donc d'en savoir davantage. Elle effectue en ce moment des recherches pour remonter aux sources du documentaire, c'est-à-dire aux archives des services secrets allemands.

Sur le site du Point, Véronique Cayla, la présidente de la chaîne, explique à Emmanuel Berretta que si les faits sont avérés, Arte y consacrera un reportage spécial. 

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