Pollution : un activiste indonésien construit un musée avec les déchets en plastique récoltés sur les plages

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Le musée a ouvert ses portes il y a quelques jours à Gresik sur l’île de Java. L’objectif est d’interpeller visiteurs et pouvoirs publics pour mettre fin à l’utilisation d’objets en plastiques à usage unique, un fléau en Indonésie et dans toute l’Asie du Sud-Est.

Article rédigé par
Marion Lagardère - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un militant achève l'installation d'une des structures exposée dans le musée, à Resik, sur l'île de Java, le 17 octobre 2021. (JUNI KRISWANTO / AFP)

Des œuvres, des statues et des infrastructures toutes faites de déchets en plastique : c’est le musée que vient de construire à Gresik, sur l’île de Java, avec un groupe d’activistes indonésiens, Prigi Arisandi, biologiste de 45 ans, lauréat du prix Goldman pour l’environnement 2011. Trois mois de collecte et plus de 10 000 déchets : des bouteilles, des pailles, des sacs et autres vieilles tongs, tout cela récupéré dans les rivières et sur les plages indonésiennes. De quoi chasser l'idée qu’Indonésie rime avec Bali, sable blanc et mer translucide. La réalité est tout autre : chaque jour, des dizaines de tonnes de déchets sont déversées sur ces plages, envahissent les mangroves, étouffent les poissons, au grand dam des pêcheurs qui remontent des filets remplis de plastique.  

Curieusement, le musée de Prigi Arisandi est presque beau. D’ailleurs sa pièce principale est en photo dans une bonne partie de la presse internationale cette semaine. On y voit trois visiteurs se tenant sous un dôme fait de milliers bouteilles jetables, traversées par la lumière du soleil, et dont les bouchons, rouges, bleus, jaunes, verts, apportent de vives touches de couleur. C’est esthétique, photogénique et pourtant, c’est la signature du désastre. "Le message, explique Prigi Arisandi à l’agence Reuters, c’est qu’il faut arrêter d’utiliser du plastique à usage unique, parce qu’il ne se recycle pas et qu’il faut préserver nos océans, autrement dit nos sources de nourriture." C’est simple, clair.

Cela fait vingt ans qu’il répète la même chose, pourtant depuis le problème n’a fait qu’empirer. D'après Plastics Europe Research Group, en 1980, on produisait 60 millions de tonnes de plastique dans le monde. En 2017, 350 millions. 

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"Quand j’étais enfant, raconte Prigi Arisandi, ma grand-mère pêchait et je me baignais dans la rivière, puis je suis entré au lycée, et entre temps plus aucun jeune ne nageait dans l’eau, tant elle était sale. C’est pour ça que je suis devenu biologiste." Biologiste et activiste, puisque depuis l’an 2000, il attaque régulièrement son gouvernement en justice pour pollution, négligence. Un combat qui nous concerne au premier chef, puisque l’Europe exporte chaque mois nos déchets dits recyclables vers les pays d’Asie du Sud-Est, ce sont donc aussi nos bouteilles, nos sacs, nos emballages qui flottent là-bas.

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