Mal-logement : cet étudiant britannique fait céder le plus grand bailleur social grâce à Twitter

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À 23 ans, Kwajo Tweneboa, veut faire changer les choses : en Grande-Bretagne, plus de 200 000 personnes vivent dans des logements moisis.

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
 Kwajo Tweneboa, dans son ancien appartement situé à Mitcham, dans le sud de Londres, en 2021. (STEFAN ROUSSEAU / MAXPPP)

Les médias anglais l'on baptisé "le cauchemar des bailleurs sociaux". A 23 ans, Kwajo Tweneboa, un étudiant, a été interviewé par toutes les chaînes de télé, par tous les plus grands journaux... et l'une de ses vidéos a été vue plus d'un million de fois en 24 heures sur Twitter.

Cette vidéo le montre devant la porte d'un logement social à Londres, une porte qu'il peine à ouvrir car l'humidité en a gonflé le bois. Dans l'appartement, idem : une fuite d'eau goutte près d'une prise électrique. Dans la chambre d'enfant, les cafards sont tellement à l'aise qu'on en dirait les réels occupants. Et l'appartement n'a même pas l'excuse d'être dans un vieux bâtiment : il est quasiment tout neuf. Pour appuyer sa vidéo, Kwajo Tweneboa envoie un mail au bailleur social qui gère cet appartement de Lewisham, un quartier du sud est de Londres. Une heure après, la famille qui habitait le taudis était relogée. 

Si l'étudiant passe une partie de son temps désormais à documenter et dénoncer le mal logement, c'est qu'il a vécu ça lui-même. De 2018 à 2020, Kwajo et ses soeurs veillent sur un père agonisant d'un cancer, dans un appartement que se disputent les mouches, les cafards et les souris. Pendant un an, il alerte, bataille et tempête contre le propriétaire, qui n'est autre que le plus gros bailleur social d'Europe, sans résultat, ou si peu. Chez lui, rien n'est aux normes. Quand son père meurt, Kwajo Tweneboa est convaincu que le mal-logement a précipité la fin. Alors, le jeune homme tweete et poste quelques clichés de l'appartement. Les photos circulent alors à vitesse grand V, comme viralité.

Face au tolé, le bailleur s'excuse et vient réparer. L'étudiant entreprend alors de faire le tour du voisinage. Et c'est parfois pire que chez lui, "ça ne conviendrait même pas à un animal", dit-il dans un journal londonien. Là encore, le bailleur admet, et promet des réparations. Ensuite, ce sont des milliers de messages dans la boite mail de Kwajo Tweneboa, de tout le pays. En Grande-Bretagne, plus de 200 000 personnes vivent dans des logements moisis. 

Kwajo Tweneboa est surnommé le Marcus Rashford du mal-logement. Rashford, footballeur pro de Manchester United, a fait plier le gouvernement britannique, à propos de la précarité alimentaire des enfants défavorisés. C'était durant le confinement, et sans école, pas de repas gratuits pour des petits Britanniques.

Si le footballeur a réussi à faire bouger les choses à l'échelle d'un pays, Kwajo Tweneboa pas encore. Alors, il apostrophe et cartonne les politiques : "Ca devrait être un scandale national, dit-il, mais ça reste secret, caché sous le tapis". Il constate : malgré l'enjeu, ça n'intéresse ni pouvoir, ni opposition, aucun parti. Pas étonnant, selon lui : aucun politique -ou presque - n'a grandi en HLM. 

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