L'Ukrainienne Oksana Lyniv devient la première femme à diriger un orchestre lyrique en Italie

écouter (2min)

Elle prendra officiellement ses fonctions à l'opéra de Bologne le 22 janvier et pour trois ans, mais son arrivée créé d'ores et déjà l'évènement : jamais, en Italie, un orchestre lyrique n'a été dirigé par une femme cheffe.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La cheffe d'orchestre Oksana Lyniv, le 25 juillet 2021 au Festival de Bayreuth. (NICOLAS ARMER / DPA / MAXPPP)

La statistique est sans appel : aucun opéra en Italie n'a jamais été dirigé par une femme cheffe, et l'Ukranienne Oksana Lyniv, 43 ans, en prenant ce mois-ci la tête du Teatro Comunale, l'opéra de Bologne, entre dans l'histoire. Ironie du sort, elle en est la première surprise : "Je suis très honorée de faire partie de ce tournant historique, réagit-elle auprès du Guardian, mais pour tout dire, quand j'ai reçu la lettre de l'opéra, je n'ai pas réalisé que j'allais être la première femme à occuper ce poste en Italie." Autrement dit, comme beaucoup, elle ne pensait pas qu'il y avait là encore un plafond de verre à briser.

Pourtant, à regarder sa vie, on se dit qu'elle aurait pu s'en douter. Oksana Lyniv est une spécialiste des premières. Première femme à diriger le philharmonique de Graz en Autriche en 2017, puis l'an dernier première femme à conduire un orchestre au prestigieux festival de Bayreuth en Allemagne, qui en 145 ans d'existence et de soirées dédiées à Richard Wagner n'avait vu défiler avant elle que des hommes au pupitre.

Mais Oksana Lyniv n'est pas juste "la première femme", c'est une cheffe brillante, virtuose, encensée par ses pairs, réclamée partout, et dont la réussite ne doit rien au hasard. Elle est née en dans une famille de musiciens, à Brody en Ukraine. Son père était chef de chœur, son grand-père aussi. Enfant, elle s'intéresse à tout : piano, flûte, violon, chant... Jusqu'en 1990, lorsque l'Union Soviétique s'effondre, où elle comprend que, bien plus qu'un jeu, la musique est la passion de sa vie : "J'ai su que je ne pouvais pas vivre sans musique, j'étais prête à mourir de faim, mais pas à abandonner mon rêve", dit-elle au magazine ukrainien Le Jour.

Alors à 16 ans, elle entre dans une école de musique et se prépare à conduire des orchestres dans un univers exclusivement masculin, sans enseignante, ni femme cheffe. Qu'importe, même sans modèle, Oksana Lyniv a tenu son rêve et depuis la situation a évolué, "l'égalité des droits est devenue un sujet, dit-elle, et toutes celles qui veulent devenir cheffe aujourd'hui ne doivent plus hésiter, elles doivent y aller et foncer."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.