"Fearless girl", la statue qui trône devant la bourse de New York depuis cinq ans obtient le droit d’y rester encore onze mois

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Installée en 2015 pour mettre en lumière les inégalités à l’occasion de la journée Internationale des droits des femmes, elle n’aurait dû rester qu’une semaine, mais son succès a poussé le conseil municipal de New York a prolonger une nouvelle fois son permis.  

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"Fearless girl", la statue située devant la bourse de New York (États-Unis). (ANGELA WEISS / AFP)

Elle est devenue avec les années l’une des attractions touristiques majeures de Wall Street. La Fearless Girl, la petite fille sans peur, est une sculpture en bronze de 1,28 mètre de haut, la taille réelle d’une enfant, en robe et baskets qui se tient bien droite, les mains sur les hanches, la tête haute, le menton relevé et l’air bravache, l’air de défier l’institution boursière.

Elle a été installée en 2017 par un fond d’investissement qui voulait faire un coup de communication sur la place des femmes dans le monde de la finance. Elle aurait dû être enlevée au bout d’une semaine, mais le succès aidant, elle est restée, un mois, un an, cinq finalement, survivant à chaque fois à des procédures pour la faire enlever.

Car, certes, la petite fille sans peur figure sur toutes les photos Instagram des touristes qui font le voyage à New York, mais elle a surtout beaucoup dérangé. A commencer par le sculpteur de l’autre icône de Wall Street, le Charging Bull, le taureau musculeux en bronze installé là en 1989 pour symboliser la force économique des États-Unis et que la petite fille a clairement éclipsé, voire ridiculisé en étant placée juste devant lui.

Il y a eu aussi les critiques de plusieurs figures féministes américaines, pointant le fait que le fond d’investissement qui a commandé la statue a lui-même été condamné pour discrimination envers plusieurs de ses salariées. Enfin, il y a eu de nombreux débats au conseil municipal pour savoir si oui ou non sa présence était légale, s’il fallait renouveler son permis.

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Lundi 11 avril, ce même conseil a donc décidé de la laisser à sa place, devant le New York Stock Exchange, pour encore onze mois. L’œuvre échappe un peu au pouvoir. Des pétitions ont été lancées pour la préserver, l’artiste Kristen Visbal qui ne savait pas au départ qu’elle sculptait pour un fond d’investissement a tenté de récupérer son œuvre, le fond d’investissement l’a poursuivie en justice, mais des copies ont fleuri un peu partout.

Parce que quoi qu’en pense le droit, la politique, la finance, son message est universel. La petite fille sans peur est photographiée tous les jours parce qu’elle rappelle que l’égalité réelle entre les femmes et les hommes est encore à conquérir, partout, pas juste dans des contrées lointaines mais bien dans les pays qui se veulent à l’avant-garde du combat pour l’égalité.

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