En Inde, une écolière de dix ans demande des mesures d’urgence au gouvernement Modi face à la canicule qui étouffe son pays

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Cela fait six semaines qu’une vague de chaleur dépassant les 45°C touche l’Inde et le Pakistan. Licypriya Kangujam, surdouée âgée de dix ans, connue pour ses prises de paroles autour de l’urgence climatique, plaide sur les réseaux sociaux pour une prise de conscience immédiate des adultes.

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Radio France
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Licypriya Kangujam présente une pancarte pour l'urgence climatique, sur son compte Twitter. (CAPTURE D'ECRAN)

Du haut de ses dix ans, elle se bat pour que les autorités de son pays agissent, prennent enfin des mesures concrètes pour lutter contre cette vague de chaleur meurtrière et ne la relègue pas au simple rang d’anecdote météo. Et effectivement, force est de constater qu’après six semaines de canicule, le premier ministre Narendra Modi vient seulement, jeudi 5 mai, de demander aux régions de lui donner "des listes de solutions possibles". Autant dire qu’on n’y est pas encore. Pendant ce temps-là, Licypriya Kangujam utilise son compte Twitter pour informer ceux qui veulent bien l’être. Elle rapporte qu’au moins 25 personnes sont mortes de coups de chaud dans la région de Bombay, qu’à Jacobad au Pakistan, on a enregistré une température de 49,6°C, record mondial pour un mois d’avril. À New Delhi, il a fait 46°C On a dépassé 40°C chez elle à Manipur, plus de dix degrés au-dessus des moyennes de saison.

À force de publications, sa démarche a attiré l’attention d’une chaine de télévision indienne, et même du New York Times auquel elle raconte son quotidien depuis six semaines : le réseau électrique qui lâche, les coupures de courant incessantes, les ventilateurs devenus inutiles, et puis le bus scolaire transformé en fournaise, l’impossibilité de jouer dehors. Enfin les vertiges, la déshydratation. Et sa fatigue face à l’inertie.

Une écolière mobilisée depuis les grèves scolaires pour le climat

Depuis deux ans, Licypriya est une surdouée qui ne fait pas la une pour ses notes en maths, mais parce qu’elle plaide pour que le changement climatique devienne une matière à part entière à l’école. Elle a manifesté en 2019 devant le parlement indien, puis s’est mobilisée à chaque épisode de pollution pour demander des actes.

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Mais plus le temps passe, plus son combat est un combat contre le fatalisme, la résignation, le sentiment d’impuissance. "Oui, on peut agir, dit-elle, les solutions sont connues". Elle explique que l’État pourrait commencer par ne pas approuver les projets de déforestation dans la jungle de Parsa, par exemple, ne pas autoriser non plus de nouvelles mines de charbon comme il l’a fait il y a quelques jours, et puis verdir les villes, planter des arbres par millions, instaurer des journées sans voitures… "Mais vous savez, moi je n’ai que dix ans, dit-elle à la télévision, c’est aux adultes, aux gouvernants d’agir maintenant, sans attendre que ma génération grandisse."

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