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Cinq ans après les attentats de Bruxelles, Béatrice de Lavalette se prépare pour les Jeux paralympiques de Tokyo

Amputée en-dessous des genoux après avoir été grièvement blessée par l’explosion d’une bombe à l’aéroport, cette cavalière de haut niveau entend bien se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo cet été. Elle va bénéficier un exosquelette fait sur mesure pour elle.

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Béatrice de Lavalette, à la commémoration des attentats de Bruxelles qui ont eu lieu le 22 mars 2016. Photo prise le 22 mars 2018.
Béatrice de Lavalette, à la commémoration des attentats de Bruxelles qui ont eu lieu le 22 mars 2016. Photo prise le 22 mars 2018. (DIRK WAEM / BELGA MAG / AFP)

C’était il y a cinq ans, au matin du 22 mars 2016, Béatrice de Lavalette avait 17 ans, elle s’apprêtait à prendre l’avion à l’aéroport de Bruxelles pour retrouver sa famille aux États-Unis. Mais ce jour-là, des terroristes de l’organisation État Islamique ont actionné trois bombes, dont l’une a explosé à quelques mètres d’elle, déflagration qui l’a plongée dans un coma profond et a emporté ses deux jambes. 
"C’est une scène à laquelle je pense chaque jour, a-t-elle confié à la télévision belge qui l’interrogeait à l’occasion de la journée de commémoration des attentats, à chaque fois que je regarde mes blessures, elles me ramènent inévitablement à ce qui s’est passé ce matin-là, mais ça ne m’empêche pas de vivre, je persévère, j’avance, je me bats pour vivre."

J’ai décidé que je participerai aux Jeux quand j’étais en soins intensifs, à l'hôpital universitaire de Louvain. C’était il y a cinq ans, maintenant, je suis prête.

Béatrice de Lavalette, cavalière et victime des attentats de Bruxelles

à la RTBF

Béatrice de Lavalette a tout traversé, de l’amputation définitive de ses deux jambes en-dessous des genoux à ses années de travail pour se réapproprier son corps, d’abord à l’hôpital de Louvain en Belgique puis dans un centre de rééducation pour blessés de guerre aux États-Unis. Aujourd’hui, elle qui se déplace en fauteuil roulant fait tout pour gagner en autonomie : entrer dans sa voiture seule, soulever le fauteuil, le plier et le ranger sur le siège passager seule, faire ses courses, charger et décharger seule. Et bientôt, peut-être, monter sur son cheval seule. Parce que Béatrice de Lavalette est cavalière, de très haut niveau, et que son prochain défi, c’est de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo.

Avec son cheval, Clarc, elle vise le prestigieux concours de dressage. Alors elle s’entraîne quotidiennement, en selle bien sûr, mais aussi au sol, avec des séries d’abdos, de tractions et beaucoup d’haltérophilie, pour pouvoir maîtriser, diriger son cheval avec son équilibre, son assiette. Et ses efforts payent.

Avec cet exosquelette, je vais pouvoir marcher, m’asseoir, me lever. Ça va beaucoup m’aider dans la vie et surtout ça va me donner la liberté que j’ai perdue depuis les attentats.

Béatrice de Lavalette, victime des attentats de Bruxelles

à la RTBF

Il y a les JO, mais il y a aussi la marque d’équipements sportifs pour personnes handicapées qu’elle veut lancer, ou encore son projet de ranch handisport. Et puis il y a cet exosquelette fait sur mesure qu’elle va recevoir mardi 23 mars, cinq ans et un jour précisément après les attentats. "Je vais pouvoir remarcher, dit-elle, m’asseoir, me lever, et surtout retrouver la liberté que j’ai perdue." Béatrice de Lavalette n’a ni colère, ni amertume, juste une rage sereine de vivre, ce quelque chose que les terroristes, comme elle le dit elle-même, ne peuvent pas lui enlever : sa flamme de survivante.

Béatrice de Lavalette, à la commémoration des attentats de Bruxelles qui ont eu lieu le 22 mars 2016. Photo prise le 22 mars 2018.
Béatrice de Lavalette, à la commémoration des attentats de Bruxelles qui ont eu lieu le 22 mars 2016. Photo prise le 22 mars 2018. (DIRK WAEM / BELGA MAG / AFP)