"Chacun de nous a du pouvoir" : dans un nouveau livre, l'exploratrice Sylvia Earle rappelle l’urgence de protéger les océans

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Son livre rassemble les connaissances actuelles sur le monde marin et met en garde sur les impacts humains toujours plus ravageurs : sur-pêche, réchauffement climatique et pollution plastique et chimique. L’exploratrice de 86 ans appelle à agir à toutes les échelles, étatique et individuelle.

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Radio France
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L'océanographe Sylvia Earle lors d'un discours à la conférence "The Future of the Planet", à Lisbonne le 15 septembre 2019. (ANTONIO COTRIM / EPA/LUSA / MAXPPP)

Elle est l’océanographe la plus célèbre du monde anglophone et se démultiplie ces dernières années pour alerter sur l’état de dégradation des océans.

Sylvia Earle, 86 ans, est docteure en biologie marine et exploratrice. Elle détient le record de descente à 381 mètres de profondeur avec bouteilles et à 1000 mètres en sous-marin. Une véritable icône qui publie un livre aux éditions National Geographic (pas encore traduit en français) intitulé "Ocean : a global odyssey". L'ouvrage compile les savoirs actuels sur les fonds marins, et, alors que le One Ocean Summit se tient cette semaine à Brest, nous rappelle que sans cette eau qui recouvre 70% de la Terre, nous ne serions pas là. Elle explique que, non seulement nous descendons de l’océan, comme toutes les formes de vies actuelles sur la planète, mais l’air que nous respirons aujourd’hui vient directement des écosystèmes marins, qui captent le carbone et rejettent l’oxygène.

Les océans produisent l’essentiel de l’oxygène que nous inspirons. D’où l’urgence, explique Sylvia Earle, de protéger ces territoires sous-marins et la vie qui s’y trouve. Parce que "les faits sont là, dit-elle à la chaîne ABC, partout, les populations de poissons s’effondrent. Le thon, mais aussi la morue, l’espadon, et même le hareng et les calamars... Tous sont décimés par des filets toujours plus gigantesques, la sur-pêche et la surconsommation."

Sylvia Earle énumère les impacts humains sur l’océan : en plus de la pêche industrielle qui détruit le plus massivement la vie marine, il y a les déchets plastiques, les pollutions dues aux rejets de produits toxiques, sans oublier le réchauffement climatique.

Mais quand on lui demande si elle est inquiète, Sylvia Earle répond que non. "Je le serais si l’effondrement du nombre de poissons était inexplicable, je serais inquiète si tout cela était un mystère. Mais ce qui est bien, c’est que nous savons, nous connaissons toutes les causes."

Avis aux dirigeants qui tardent à agir et légiférer. Quant aux citoyens, Sylvia Earle explique que nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance, que l’on peut aussi avoir notre part : "Nous pouvons tous faire des choix, sur ce que l’on mange, sur ce que l’on porte, ou pour les plus jeunes sur ce que l’on veut faire comme métier plus tard. Chacun de nous a du pouvoir, reste à l’utiliser."

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