Aux États-Unis, Michael LaFitte lance une brigade des papas pour endiguer la violence dans le lycée de sa fille

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Avec quatre amis, il a créé sa brigade "dads on duty" fin septembre suite à trois jours de violences dans un lycée en Louisiane. Depuis, l’établissement n’a déploré aucune bagarre et Michael LaFitte espère inspirer d’autres initiatives similaires partout dans le pays.

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Radio France
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Des pères de famille de la brigade "Dads on duty" sur leur site Facebook. (CAPTURE D'ÉCRAN)

L’histoire se passe aux États-Unis, en Louisiane, et la solution de ce père de famille, c’est l’implication personnelle. Michael LaFitte a 40 ans, il est à la fois entrepreneur, responsable d’association et père d’une adolescente scolarisée au lycée Southwood dans un quartier populaire de la ville de Shreveport. Un établissement qui a connu en septembre une vague de violence inédite : une dizaine de bagarres générales, et 23 jeunes arrêtés par la police en 72 heures. Tout a été filmé, partagé sur les réseaux sociaux, et commenté avec effroi sur les chaines d’informations.

Alors un dimanche, Michael LaFitte a réuni chez lui quatre amis, tous pères d’enfants scolarisés dans ce lycée, pour tenter de trouver une solution au problème. "Au bout de trois heures, dit-il à la chaine ABC, on est ressortis avec l’idée que nous devions aller nous-mêmes, personnellement, sur le campus, en formant une sorte de brigade, pour montrer aux jeunes, surtout les garçons, que des hommes adultes de leur famille, de leur quartier, sont là et les regardent."

Ainsi est née la brigade des papas, Dads on duty, qu’on pourrait traduire par Papas en service. Depuis six semaines maintenant, ils vont chaque jour se poster à l’entrée de l’établissement, pour accueillir les élèves, sourire aux plus timides, taquiner les fortes têtes, mais aussi aider ou être une oreille attentive en cas de problème. "Le but, c’est d’assumer notre statut, pas seulement de pères, mais de modèle masculin, parce que certains élèves n’ont plus de père, ou sont en conflit avec lui, donc nous, on leur montre qu’un autre lien est possible." Et ça marche. Depuis qu’ils sont là, de l’avis de tous, élèves, enseignants, direction, l’ambiance a changé. Pas une bagarre depuis un mois et demi, et des tensions mineures.

Entre temps, d’autres pères ont rejoint le mouvement. Ils sont aujourd’hui une douzaine, tous travaillent aussi en parallèle et s’organisent pour être toujours cinq en même temps au lycée. À la télé, sur CBS, ABC, Fox News, les reportages sur leur brigade ont remplacé ceux sur les agressions entre élèves et leur page Facebook croule sous les remerciements. "Maintenant, conclut Michael LaFitte, notre objectif c’est d’élargir ça à toutes les écoles, dans tout le pays." Et pourquoi pas aussi en inspirer d’autres.

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