Angleterre : le combat de deux retraitées pour stopper la pollution d'un fleuve

Cela fait plus d’un an que Ruth Leach et Caroline Page se battent avec leur association "Save the Deben" pour monter des dossiers de candidature au statut "zone de baignade", le seul statut qui permet de contrôler la pollution. Et elles viennent d’obtenir gain de cause.

Article rédigé par Marion Lagardère
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le fleuve Deben à Woodbridge (Royaume-Uni). (MARK SUNDERLAND / ROBERT HARDING HERITAGE via AFP)

Le fleuve qu’elles veulent sauver s’appelle le Deben, qui traverse l’est de l’Angleterre, avant de se jeter dans la mer du Nord. Sur son passage, se trouve la ville de Woodbridge, 7 000 habitants parmi lesquels se trouvent Ruth Leach et Caroline Page, deux adeptes de baignade dans le fleuve, "comme cela s'est toujours fait, disent-elles au Times, depuis que les Vikings ont débarqué dans cet estuaire". Mais ces dernières années, l’eau a changé de couleur, d’odeur, polluée, souillée par des rejets continus et totalement incontrôlés.

Ce qui arrive au fleuve Deben parle pour tous les cours d’eau en Angleterre, devenus des cloaques, faute d’entretien des systèmes de récupération des eaux usées. Intrants agricoles, produits chimiques..., tout se déverse dedans, et c’est un vrai fléau qui fait, chaque semaine, l’objet de reportages en Grande-Bretagne, à cause des cas de contaminations diverses que cela entraine sur la santé des habitants.

A travers le droit de se baigner, c’est le droit du fleuve, ses poissons, ses oiseaux que nous défendons.

Ruth Leach et Caroline Page, co-fondatrice de Save the Deben

au TImes

"C’est le seul moyen de contrôler cette pollution"

Un scandale auquel aucun gouvernement n’a voulu s’attaquer, la seule réponse donnée étant l’interdiction de la baignade. Faute d’action de la part des autorités, Ruth Leach et Caroline Page ont donc monté leur association Save the Deben. Elles ont commencé par prélever des échantillons, les faire analyser, et répéter l’opération chaque semaine pour évaluer la qualité de l’eau. Résultat : des taux de la bactérie Escherichia coli largement au-dessus des seuils autorisés, preuve s’il en fallait d’un déversement permanent d’eaux usées non-traitées dans le fleuve. 

Elles ont ensuite récolté les témoignages de centaines de baigneurs, puis monté un dossier qu’elles ont soumis au ministère de l’environnement pour obtenir le statut de "zone de baignade", parce que seul ce statut oblige les autorités à surveiller la qualité de l’eau, localiser les sources de pollution et donc poursuivre les pollueurs. Elles ont soumis les candidatures de deux zones différentes, et le verdict vient de tomber : l’une a été acceptée et sera donc protégée, l’autre a été rejetée "à cause d’un nombre trop faible de baigneurs concernés".

Mais les deux retraitées sont optimistes et annoncent à la BBC qu’elles vont re-soumettre un dossier, "parce que c’est le seul moyen de contrôler cette pollution, et qu’à travers le droit de se baigner, c’est le droit du fleuve, ses poissons, ses oiseaux que nous défendons."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.