"Sambre": le nouveau chef-d’œuvre de Jean-Xavier de Lestrade

Le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade, oscarisé et habitué aux séries documentaires américaines, réalise une remarquable série autour de l'affaire du "Violeur de la Sambre". Six épisodes, six points de vue sur 30 années pour raconter un fiasco policier à une époque où les agressions sexuelles n'étaient pas prises au sérieux.
Article rédigé par franceinfo - Laurent Valière
Radio France
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Alix Poisson incarne la première victime de la série s'inspirant du fait divers du "Violeur de la Sambre". (WHAT'S UP FILMS / FRANCE TELEVISIONS)

1988 : une femme se réveille au bord de la Sambre, le pull légèrement relevé, avec quelques traces d’égratignures autour du cou. Elle ne se souvient de rien, et se cache à elle-même, à la police et à son mari, la possibilité d’une agression sexuelle. C’est le début de Sambre, remarquable série diffusée à partir de demain, lundi 13 novembre sur France 2.

Au cours des six épisodes, le réalisateur oscarisé Jean Xavier de Lestrade, raconte l’incroyable histoire de ces 30 années, au cours desquelles une même personne a impunément agressé à de multiples reprises des femmes, sans que la police ne soupçonne un violeur en série. Pour Jean-Xavier de Lestrade, il était évident qu’il fallait raconter ce fait divers du violeur de la Sambre.

"Certains faits divers ont un grand talent, souligne le réalisateur. Ils ont cette capacité de révéler un fait social. Et dans cette histoire, parce qu'elle se déroule sur 30 ans, en fait, c'est 30 ans de prise en charge, ou plutôt de non prise en charge de victimes de violences sexuelles, de viols. C'est 30 ans de l'évolution du regard de la société vis-à-vis de la délinquance sexuelle."

La force de la série est de raconter chaque épisode à une époque différente, du point de vue d’un personnage différent. "La première, c'est une victime qui est jouée par Alix Poisson, précise Jean-Xavier de Lestrade. La deuxième, c'est une juge d'instruction qui est jouée par Pauline Parigot. La troisième, c'est la maire d'une petite ville : on est dans le politique. Donc il y avait une manière de découper un peu la société, de sortir du cadre.

Dans les séries, habituellement dans ce genre d'histoires, on a des gens qui cherchent, en général des policiers. Et puis le prédateur, le criminel qui cherche à fuir la police. Donc, on filme une traque. Là, c'était changer de points de vue, et voir que pendant très longtemps, les seules qui se bougeaient sur ce terrain-là, c'étaient des femmes."

Avec ses magnifiques portraits de femmes courage, la série tourne aussi au chef-d’œuvre grâce à une réalisation efficace : c’est comme si on regardait une série américaine, située dans le Nord-Pas-de-Calais. Sambre, six épisodes à partir de demain, sur France 2.

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