Le phénomène "Squid Game"

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En quelques jours, "Squid Game", lancé le même jour que la troisième saison de "Sex Education" est devenu le plus grand succès de la plateforme Netflix. Une série efficace et cruelle qui met sacrément mal à l'aise.

Article rédigé par
Laurent Valière - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (YOUNGKYU PARK)

Squid Game, fait énormément penser à Battle Royale. On se rappelle de ce film japonais de 2001 dans lequel des étudiants japonais d’une classe de collège s’entretuaient sur une île, jusqu’à qu’il ne reste plus qu’un seul survivant. Dans Squid Game, ce sont des Coréens surendettés qui sont réunis volontairement dans un lieu secret aux couleurs acidulées, et qui sont invités par le maître des lieux à des jeux enfantins cruels.

456 Coréens surendettés et des jeux d'enfant

Le cérémonial est envoûtant : ces 456 hommes et femmes sont recrutés à Séoul. Ils sont emmenés la nuit dans une voiture avec chauffeur, endormis dans la voiture et se réveillent en costume numéroté, bleu, dans un énorme dortoir, sous le regard de gardes en costume rouge, au visage masqué. Squid Game, le jeu du calamar, est une série en 9 épisodes qui a pris le monde de court.

En quatre jours, elle est devenue la série la plus regardée de Netflix. C’est qu’elle est addictive. Son héros est un Coréen d’environ 40 ans, père divorcé d’un enfant, qui vit chez sa mère et tente de joindre les deux bouts en s’endettant et en jouant aux courses. Dans le jeu, la violence fuse entre les comptines et les jeux d’enfants.

Battle Royale + Casa de Papel + Parasite

Si la série fait mouche, c’est qu’elle est aussi un savant mélange de Casa de Papel pour ses costumes et sa construction sophistiquée, du film Parasite pour sa description des classes populaires de Séoul, et de thriller puisqu’un policier s’infiltre dans le jeu. Comme tout bon film coréen, la série est belle, léchée, mais aussi rythmée, hyper violente.

L’histoire a été imaginée en 2008 par le coréen Hwang Dong Hyuk , nourri aux mangas japonais et en particulier au film Battle Royale. Il a imaginé sa série comme une satire de la vie contemporaine coréenne, cruelle et dure, hyper compétitive.

C’est par ironie, qu’il choisit comme épreuve pour ces adultes des jeux enfantins coréens. Une série fascinante mais sordide, emmenée par d’excellents acteurs. Le réalisateur a déjà un autre projet : le club des tueurs de vieux. Une fiction autour de la guerre entre générations. Un sujet tout autant contemporain.

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