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L'empire des séries. "Mytho", le mensonge paie-t-il ?

Dans "Mytho", Marina Hands incarne une mère de trois enfants dans une banlieue pavillonnaire qui invente un mensonge incroyable pour tenter d'exister. Fabrice Gobert, réalisateur des Revenants, propose une chronique douce amère et contemporaine. 

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Marina Hands, une mère de famille au bout du rouleau dans \"Mytho\" de Fabrice Gobert et Anne Berest.
Marina Hands, une mère de famille au bout du rouleau dans "Mytho" de Fabrice Gobert et Anne Berest. (Arte)

Une mère de trois enfants débordée par le travail, son compagnon qui la trompe, et les taches quotidiennes… Et soudain, le gros mensonge qui sort. Et qui change sa vie : "J’ai une tumeur".

C’est le thème audacieux et très humour noir de Mytho, la nouvelle série en 6 épisodes de Fabrice Gobert dont on avait apprécié il y a quatre ans les fantastiques Revenants. Dans une banlieue qu’il filme de façon toujours léchée, il suit les conséquences de ce gros mensonge. L’idée vient de la romancière Anne Berest, inspirée par les changements autour de sa mère qui avait été atteinte par un cancer.

Quand j’ai commencé ce métier, les rôles féminins étaient très stéréotypés. 

Marina Hands, actrice

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Marina Hands incarne cette mère de famille au bord du burn-out : "Quand la série démarre, elle est arrivée au bout d’un système, qui est d’être la mère parfaite, la femme parfaite, l’amante parfaite, et ce système ne fonctionne plus. Elle n’existe plus pour son entourage, elle est sadisée par son patron, finalement elle n’est pas respectée. Elle pensait qu’en étant une femme parfaite, elle serait respectée, mais c’est le contraire qui se passe. Elle va essayer de ré-exister aux yeux de ses proches".  

La série au début, prend des airs de Desperate Housewives. "Quand j’ai commencé ce métier, ajoute Marina Hands, je trouvais que c’était difficile : les rôles féminins étaient très stéréotypés. Desperate Housewives montrait une riche palette de facettes des femmes, de la drôlerie et de la séduction. Desperate Housewives est certainement une source d’inspiration".

Le côté politiquement incorrect du scénario m'a plu

Marina Hands, actrice

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La série, loufoque au début, bascule vers quelque chose de plus sombre et inquiétant. L’héroine rencontre une vraie malade du cancer. L’issue n'est jamais sure. C’est cette incertitude qui a plu à Marina Hands : "Ce qui m’a plus dans le scénario, c’est le politiquement incorrect, le fait qu’il n’y ait pas de morale, qu’on puisse s’attacher à des personnages qui ont des failles, des fragilités et qu’on puisse les aimer énormément, qu’il n’y ait pas un bon et un méchant, qu’on ne sache pas si c’est mieux de dire la vérité ou de mentir, et qu’on puisse se poser ce genre de question".  

Marina Hands est impeccable dans sa première série, Mathieu Demy son compagnon parfait dans le rôle du lâche. Une série contemporaine, un très audacieux portrait de femme d’aujourd’hui. Une série en 6 épisodes déjà disponible dans son intégralité sur arte.tv

Marina Hands, une mère de famille au bout du rouleau dans \"Mytho\" de Fabrice Gobert et Anne Berest.
Marina Hands, une mère de famille au bout du rouleau dans "Mytho" de Fabrice Gobert et Anne Berest. (Arte)