EDITO. Remaniement : pourquoi et pour faire quoi ?

Emmanuel Macron devrait prochainement préciser ses intentions. Ses vœux n’ont pas dissipé le mystère autour du "rendez-vous avec la Nation" promis pour janvier mais les rumeurs d’un remaniement persistent.
Article rédigé par Agathe Lambret
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, le 19 juin 2023. Selon la rumeur, le ministre des Armées est pressenti comme Premier ministre en cas de remaniement. (LUDOVIC MARIN / POOL)

L’idée serait d’abord de fermer une page difficile après les retraites et la crise politique autour de la loi l’immigration, de changer, aussi, un gouvernement pléthorique et désuni alors que des ministres de l’aile gauche ont affiché ouvertement leurs divergences ces dernières semaines. Emmanuel Macron voudrait consolider une équipe soudée, capable de lancer la bataille des européennes et d’ouvrir une nouvelle page, celle du rebond, en cette année marquée par les Jeux olympiques. Maintenant pour faire quoi, avec quel cap, et sur quel projet ? Tout cela, le président devrait le détailler plus tard en janvier.

Et avec qui ? Un nom revient particulièrement pour remplacer Élisabeth Borne à Matignon, celui de Sébastien Lecornu, le ministre des Armées. Pourquoi ? Sa principale qualité, c’est qu’il n’a pas d’ambition connue pour 2027. Emmanuel Macron ne prendrait pas le risque de promouvoir un ministre ouvertement trop ambitieux, l’enjeu étant d’éviter que la suite de son mandat soit parasitée par sa succession. Autre atout pour Sébastien Lecornu, et ce serait une rupture avec les précédents hôtes de Matignon, bien qu’il vienne de la droite, il a su intégrer le premier cercle et gagner la confiance du président après avoir organisé le grand débat, en 2019.

Idoine pour les uns, inutile pour les autres

C’est aussi un politique madré, qui maîtrise le jeu politique et parle le langage parlementaire, un adepte des coups de billards à trois bandes, avec l’air de ne pas y toucher et sans jamais se départir d’une certaine rondeur. "C’est la IIIe et la IVe République dans la Ve", résume un proche du président qui voit en lui l’homme idoine, le ministre rusé et affable qui pourrait faire le lien avec la droite dans un contexte de majorité relative.

S’il coche beaucoup de cases, il a quelques faiblesses : son manque de notoriété, le fait qu’il est utile aux armées dans une période de guerre, et puis Sébastien Lecornu n’apporterait pas la majorité qui manque à Emmanuel Macron. Il ne lui n’apporterait rien, grincent les sceptiques ou les envieux qui pointent son côté planqué : l’avez vous déjà entendu monter au front pour défendre le président dans les épisodes de gros temps ? Poser la question, c’est déjà y répondre. En tout cas si son nom est poussé par certains, de là à l’imaginer nommé, il y a un pas à ne pas franchir trop vite. "La dernière fois Lecornu a été Premier ministre, puis Le Maire, puis Darmanin, et ça s’est fini avec la reconduction de Borne, donc on peut aussi se retrouver avec la vice préfète de l’Oise à la dernière minute", s’amuse un ami du président.

Seule certitude, Emmanuel Macron aime garder plusieurs cartes dans son jeu, quand il le peut. Et au-delà du casting, le président doit aussi trancher le moment : aujourd’hui personne ne sait quelle équipe se réunira au premier conseil des ministres de l’année, prévu le 10 janvier.

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