Présidentielle 2022 : François Hollande va sortir du bois pour sauver le PS

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Anne Hidalgo, la candidate du Parti socialiste, doit recevoir mardi soir un soutien de poids : François Hollande va s’afficher à ses côtés en meeting. Mais que faut-il y voir ?

Article rédigé par
Renaud Dély - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
François Hollande arrive à l'Elysée, à Paris, pour rencontrer Emmanuel Macron et parler de la situation en Ukraine, le 25 février 2022. (AMAURY BLIN / HANS LUCAS / AFP)

Un ancien Président sort du bois. Ce n’est pas Nicolas Sarkozy, dont Valérie Pécresse continue d’espérer un signe de soutien, pour l’instant en vain. C’est donc François Hollande qui décide de mouiller le maillot pour la candidate du PS en faisant tribune commune avec elle. Et pas n’importe où : c'est à Limoges, qui fut très longtemps, pendant plus d’un siècle, un fief socialiste. Au cœur du Limousin, à deux pas de ce département de la Corrèze qui est la terre d’élection de l’ancien chef de l’Etat. 

Jusque là, François Hollande s’est fait très discret dans cette campagne. Il ne s’est affiché qu’une fois, à l’automne, aux côtés de la maire de Paris. Il faut dire que beaucoup lui ont prêté l’intention de la suppléer au cas où Anne Hidalgo se serait retirée. Cette hypothèse enterrée, si François Hollande se risque en meeting, c’est pour faire preuve de loyauté vis-à-vis de la candidate bien sûr. Mais c’est aussi parce qu’au-delà de l’élection, il se soucie de la survie du Parti socialiste, qu’il a dirigé pendant 11 ans…

Le Parti socialiste est-il en danger de mort ?

Clairement : le péril est là. Anne Hidalgo est estimée autour de 3 %  d’intentions de vote dans les sondages ; c’est deux fois moins que le "naufrage" de Benoît Hamon, il y a 5 ans. En dessous de 5 % des voix, le PS, qui est déjà bien mal en point financièrement, ne serait pas remboursé de ses frais de campagne par l’Etat. Et c’est le parti, refondé il y a un peu plus d’un demi-siècle par François Mitterrand au congrès d’Epinay, qui risquerait fort de mettre la clef sous le paillasson. Au fond, ce n’est d’ailleurs pas seulement la survie politique du PS, qui incite François Hollande à prendre la parole, c’est celle de la gauche réformiste tout entière.

Et après l’élection présidentielle ? 

L'ancien président est convaincu que si c’est la gauche radicale incarnée par Jean-Luc Mélenchon qui affirme son leadership sur l’ensemble de la gauche, celle-ci risque de rompre d’une part avec la culture de gouvernement, et d’autre part avec son engagement historique en faveur de l’Europe. Pour François Hollande, cette gauche-là est une gauche de l’indignation, de l’incantation. Mais elle ne peut pas gagner. Ses excès la condamnent à être durablement éloignée du pouvoir. Au-delà du coup de main à la candidate Anne Hidalgo, c’est donc aussi pour tordre l’idée d’un "vote utile" en faveur de Jean-Luc Mélenchon que François Hollande sort du silence.

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