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Pas de bougie à l’Elysée

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Pour l’anniversaire des trois ans de son élection, François Hollande a choisi de noyer cette date du 6 mai. Il est certes plus présent dans les médias et sur le terrain, mais surtout pas pour faire un bilan de ses 3 ans de pouvoir.
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Radio France
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 (Olivier Bost © RF)

Pour l’anniversaire des trois ans de son élection, François Hollande a choisi de noyer cette date du 6 mai. Il est certes plus présent dans les médias et sur le terrain, mais surtout pas pour faire un bilan de ses trois ans de pouvoir. Et pour cause, que ce soit pour les résultats, sur le chômage en particulier, plus généralement pour la vie quotidienne des Français, il n’y a pas grand chose à mettre en avant.

Le seul bilan objectif des trois ans est une image très dégradée. Entre 1 français sur 4, et 1 français sur 5 selon les instituts de sondage font confiance au chef de l’Etat. Un record d’impopularité totalement inédit sur un quinquennat. C’est encore pire si l’on regarde dans le détail les enquêtes d’opinion.

Au-delà de la confiance, c’est l’image de François Hollande qui est sévèrement abimée sur des fondamentaux : ses capacités pour redresser le pays, son autorité, ces indicateurs "présidentiels" ne sont pas bons. 8 français sur 10 ne souhaitent pas qu’il soit candidat en 2017.

Deux ans… suffisant pour reconstruire une image

Reconstruire une image fortement degradée est clairement le pari de ceux qui l’entourent à l’Elysée, et c’est toute la stratégie qui est déployée ces dernières semaines. François Hollande est clairement en campagne avec deux déplacements par semaine en France.

Il va au contact des Français maintenant qu’il n’y a plus de manifestation de rue systématique et d’accueil houleux. Il y a aussi des apparitions médiatiques ciblées : un coup dans un magazine de jeunes, un coup dans une radio avec des auditeurs majoritairement de gauche. Par petites touches, régulières et permanentes, le chef de l’Etat veut remonter la pente.

Les deux paris de François Hollande

Le premier pari, c’est que le contexte économique sera meilleur, et François Hollande reste persuadé qu’il aura tout fait pour cela. Il le répète à ses visiteurs : "il sera impossible de gagner en 2017, sans résultat tangible, je n’ai aucune chance ".

Le deuxième pari, c’est que le contexte politique lui soit favorable le moment venu. Une affiche Hollande / Sarkozy / Le Pen lui irait bien estime l’un de ses conseillers. Nicolas Sarkozy comme Marine Le Pen sont des repoussoirs efficaces et ils savent mobiliser l’électorat de gauche.

Mais ce n’est pas tout, François Hollande espère aussi reconstruire sa majorité pour éviter l’éclatement de la gauche façon 2002. Cela ne passera pas par une primaire :"Une primaire affaiblirait le candidat sortant dès le départ ", estime le chef de l’Etat.

Il faudra donc recoller les morceaux avec les écologistes notamment.

Le trou de souris

Si toutes ces conditions sont réunies, il y a aura alors "un trou de souris " dans lequel François Hollande pourrait passer. Cette théorie du trou de souris existe et c’est au Parti socialiste que l’on y pense et que l’on en parle.

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