L'édito politique, France info

Le calcul fiscal de Hollande

François Hollande respecte une de ses promesses : le prélèvement des impôts à la source est lancé ! Mais le président de la République a attendu 3 ans pour le faire et ça ne sera effectif qu’en 2018 d’où les soupçons d’arrières pensées…

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(Anne-Laure Dagnet © Christophe Abramovitch -Radio France)

On se demande effectivement ce qui lui prend à François Hollande de lancer ce chantier maintenant, pour des effets en 2018, il ne sera peut être plus là… Alors officiellement, c’est le bon moment parce qu’avant le gouvernement a augmenté les impôts et qu’il ne fallait pas que le prélèvement à la source soit téléscopé par ces hausses. François Hollande explique que son principal souci : c’est de simplifier la vie des Français : "C'est une réforme importante qui va simplifier la vie des contribuables sans augmenter leur impôt ". 

Un président qui avance, qui réforme c’est l’image recherchée. Maintenant, il y a sans doute un peu de stratégie derrière tout cela : annoncer une année blanche en termes d’impôts en 2017, année de la présidentielle, "la ficelle est un peu grosse" pour  l’opposition... Et puis, il y a sans doute une autre raison : après tout ce que les frondeurs ont dû encaisser avec la loi Macron, un geste n’est pas de trop pour renouer un peu avec l’aile gauche du PS.

Le prélévement à la source, première étape de cette grande réforme fiscale promise 

Et oui, le deuxième étage de la fusée, et c’est le plus important : c’est la fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSG, une mesure réclamée par une grande partie du PS. La fusion implique une CSG plus progressive et donc plus juste, mais ça, le gouvernement n’est pas près de le mettre en place. Ainsi, le ministre des Finances, Michel Sapin, explique : "La fusion, on ne peut pas la faire aujourd'hui, car elle entraînerait une augmentation de l'impôt pour la moitié des Français ". 

C'est donc une nouvelle déception pour les frondeurs qui réclament la fusion de l’impôt et de la CSG pour que les ménages les plus modestes soient moins taxés. Le gouvernement a raté une nouvelle occasion de prouver qu’il est bien de gauche, c'est ce que pense le député socialiste Laurent Baumel : "Le problème de la gauche au pouvoir aujourd'hui est de montrer qu'elle fait plus pour les gens qui ont moins. Je suis favorable à une fusion de l'impôt sur le revenu et de la CGS ou à une baisse concrète de la CSG pour les salariés modestes ".

Alors attention, personne au gouvernement ne ferme la porte à une fusion de l’impôt et de la CSG mais plus tard, après 2018. François Hollande pourra donc recycler sa promesse de campagne s’il est candidat à nouveau en 2017...

(Anne-Laure Dagnet © Christophe Abramovitch -Radio France)