L'édito politique, France info

Front national : la mauvaise réputation

La lettre de Jean-Marie Le Pen à sa fille devrait être publiée demain. Le président d’honneur du FN veut retrouver son blog sur le site officiel du parti. Mais ses propos continuent d’embarrasser Marine Le Pen, qui n’a toujours pas constitué son groupe au Parlement européen.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(© Radiofrance)

Elle semblait tout près de l’obtenir, et puis, finalement, non, toujours pas. Avec 24 élus, Marine Le Pen dispose largement du nombre de députés suffisant, mais ils doivent provenir de sept pays différents. Et pour l’heure, cinq nationalités seulement, sont représentées. Les lituaniens ont démenti vouloir s’allier au parti de Marine Le Pen au Parlement européen. Ils lui préfèrent le britannique Nigel Farage. D’autres formations ont été rebutées par la réputation antisémite du parti fondé par Jean-Marie Le Pen. Réputation que la dernière vidéo de Jean-Marie Le Pen n’a pas améliorée. Marine Le Pen a décidé de ne plus communiquer sur le sujet d’ici la fin du mois. Pour ne pas prendre le risque de voir des députés pressentis se désister pour cause de voisinage encombrant avec le toujours sulfureux Jean-Marie Le Pen.

Les dérapages de Jean-Marie Le Pen gênant pour l'image du parti 

Les dérapages de Jean-Marie Le Pen sont autant de grains de sable dans la machine électorale de la présidente du FN.

Elles rappellent les origines du parti d’extrême droite, et entachent l’image qu’elle a patiemment constituée depuis son élection à ce poste. Marine Le Pen veut incarner un FN inscrit dans les valeurs républicaines, capable d’exercer le pouvoir. Son père la ramène vers la nature du FN, un parti protestataire, contestataire, qui défie les institutions. Et cela peut faire des "dégâts" dans l’électorat du parti analyse Bruno Gollnisch, rival malheureux de Marine Le Pen pour la présidence du mouvement. Alors que l’UMP et le PS étalent leurs divisions sur la place publique, le FN avait tout intérêt à vanter son unité. La posture est désormais impossible à promouvoir. Comme dans un banal parti de gouvernement, au Front National comme ailleurs, les succès électoraux sèment la division. 

 

(© Radiofrance)