EDITO. Réforme des retraites : comme souvent, lorsqu’il affronte une période difficile, le gouvernement a du mal à trouver le bon ton

A la veille de cette nouvelle journée de mobilisation, l’ambiance est plutôt fébrile du côté du gouvernement… L'édito politique de Renaud Dély.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Emmanuel Macron à l'Elysée, le 22 janvier 2023. (BENOIT TESSIER / POOL / REUTERS POOL / MAXPPP)

Veillée d’armes assez tendue. Au sommet de l’Etat, on mesure à quel point cette semaine est décisive  pour l’avenir de la réforme des retraites, et donc peut-être pour celui du gouvernement. Les syndicats changent de stratégie : finis les défilés massifs, paisibles et ponctuels, place aux blocages avec la volonté de durer. Ce n’est donc pas tant la journée de demain qui inquiète le gouvernement, c’est plutôt la suite. Mardi 7 mars, la mobilisation sera massive et les perturbations importantes, en particulier dans les transports et dans de très nombreux services publics. Mais l’enjeu, c’est surtout le "jour d’après" : mercredi, puis jeudi, vendredi et ensuite, les blocages seront-ils prolongés ? La France sera-t-elle durablement à l’arrêt ? 

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Une crainte qui brouille la communication du gouvernement. En fait, comme souvent, lorsqu’il affronte une période difficile, le gouvernement a du mal à trouver le bon ton. Et il y a comme un semblant de cacophonie. D’un côté, il y a les ministres qui dramatisent la situation en espérant retourner l’opinion contre les grévistes. C’est la raison pour laquelle le porte-parole Olivier Véran a jugé bon de brandir un risque de "catastrophe écologique, agricole, sanitaire, voire humaine", rien que ça, en cas de blocage durable.

Et Emmanuel Macron ?

Son collègue chargé des Transports, Clément Beaune, s’est contenté de prédire pour demain "une des journées les plus difficiles qu’on ait connues" avec "une vraie galère" pour les usagers. De l’autre côté, il y a ceux qui font plutôt profil bas, qui reconnaissent des "erreurs de communication" ou des "prises de paroles confuses".

Et où est passé Emmanuel Macron ? Hé bien, motus. Le chef de l’Etat revient tout juste d’une longue tournée africaine. Il a pu mesurer l’hostilité suscitée par sa réforme lorsqu’il a été vivement interpellé à plusieurs reprises au salon de l’Agriculture. Pas question d’y revenir à la veille d’une nouvelle mobilisation syndicale.

Officiellement, à l’Élysée, on est même déjà tourné vers l’après-réforme des retraites, avec le texte sur l’immigration ou le futur projet de loi sur le plein-emploi. Une façon aussi pour l’exécutif, à la veille d’une semaine décisive, de confesser sa hâte de passer à la suivante.

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