ÉDITO. Projet de loi sur la fin de vie : la majorité reste suspendue à la décision d’Emmanuel Macron

Le texte pourtant promis avant la fin de l'été n'est toujours pas présenté. Le président de la République hésite sur l’instauration d’une aide active à mourir, l'une des propositions de la Convention citoyenne sur la fin de vie.
Article rédigé par franceinfo
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Le président de la République, Emmanuel Macron lors de la visite du roi d'Angleterre, le 20 septembre 2023. (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

Emmanuel Macron s’est engagé à légiférer sur la fin de vie, mais l’exécutif tarde à dévoiler son texte. Toujours pas de fumée de blanche, mercredi 4 octobre. La Convention citoyenne sur la fin de vie a rendu ses conclusions, en avril, il y a six mois, Emmanuel Macron avait promis de "bâtir" un texte pour la fin de l’été. Une fois passée la visite du pape à Marseille, certains annonçaient le projet de loi pour la fin de semaine dernière. Mais il va falloir attendre au moins une, peut-être deux semaines, peut-être plus. En fait, la majorité est suspendue au bon vouloir d’Emmanuel Macron. Et plus le chef de l’État attend, plus il semble douter. 

>> Fin de vie : à quoi faut-il s'attendre après les conclusions de la convention citoyenne ouvrant la voie au suicide assisté et à l'euthanasie

Le principal point qui reste à trancher, c’est l’instauration d’une aide active à mourir. Les trois quarts des membres de la Convention citoyenne se sont prononcés en sa faveur. Mais le chef de l’État est tenté de se contenter d’introduire un "droit" à l’accès au suicide assisté. C’est-à-dire à la possibilité pour un patient majeur, atteint d’une maladie incurable avec un pronostic vital engagé à court terme, de se voir prescrire un produit létal pour se donner lui-même la mort. Mais quid du sort des malades condamnés incapables de s’administrer eux-mêmes le produit ? Emmanuel Macron rechigne à autoriser un tiers à pratiquer ce geste, ce qui reviendrait à légaliser l’euthanasie.

Des convictions personnelles et des raisons politiques

 
Pourquoi autant d’hésitations ? D’abord pour des raisons de conviction. Au printemps, le chef de l’État prévenait qu’il avait "une opinion personnelle qui, comme celle de nombreux Français, peut évoluer, évolue, évoluera". Et puis pour des raisons politiques. Il se heurte aux réticences de la droite et d’une partie du monde médical hostile à l’euthanasie. De l’autre côté, la gauche, dont l’appui pourrait être décisif pour l’adoption du texte à l’Assemblée nationale, n’entend pas se contenter du suicide assisté.

Au fond, Emmanuel Macron redoute que ce qu’il présente comme la grande réforme sociétale de son second mandat ne déchire la société, et peut-être même sa majorité. Pourtant, selon les études d’opinion, une nette majorité de Français semble favorable à l’instauration d’une aide active à mourir. Emmanuel Macron a plus de mal à se jeter à l’eau. L’euthanasie, difficile évidemment d’être, "en même temps", pour et contre.

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