ÉDITO. La droite existe-t-elle encore ?

Dans un entretien au "JDD" Nicolas Sarkozy a salué ce qu’il appelle l’"engagement de bonne foi" de Marine Le Pen contre l’antisémitisme. Depuis 2017, plus la droite recule et plus elle copie l’extrême droite.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Le président du parti  Les Républicains (LR) et député Eric Ciotti (gauche) prononcent un discours à côté du président du Sénat français Gérard Larcher (droite) lors de l'assemblée générale du parti Les Républicains (LR) au Cirque d'hiver à Paris le 17 juin 2023. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les figures des Républicains étaient très présentes dans les rues de Paris, dimanche 12 novembre, lors de la marche contre l’antisémitisme. Est-ce le signe que la droite retrouve des couleurs ? En apparence oui, Gérard Larcher, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou encore l’ancien président, Nicolas Sarkozy, tous présents en première ligne. Tous les parlementaires LR, et une fois n’est pas coutume, tous unis, bras dessus, bras dessous. Quand la gauche se divisait par la faute de Jean-Luc Mélenchon, la droite, elle, faisait front commun pour s’afficher aux côtés des Français juifs et dénoncer la montée de l’antisémitisme. Au passage, le patron du parti LR, Éric Ciotti s’est même payé le luxe de dénoncer l’absence d’Emanuel Macron. Une droite bien présente sur la photo donc, mais toujours bien en peine de faire entendre sa spécificité. 
 
 
La droite a une fois encore accordé un blanc-seing, en bonne et due forme, à l’extrême droite. Nicolas Sarkozy a salué ce qu’il appelle l’"engagement de bonne foi" de Marine Le Pen contre l’antisémitisme et il s’est réjoui que le Rassemblement national ait "souhaité couper avec son passé nauséabond". Alors que la gauche s’indignait de la présence du RN, et que la première ministre Élisabeth Borne dénonçait "une posture qui ne trompe personne", la droite, elle, a donc applaudi une mue du parti lepéniste qu’elle juge sincère. Résultat, même pour défendre les Français juifs, LR apparaît désormais à la remorque du Rassemblement national.

LR, une chambre d’écho du RN 


C’est le cas sur tous les sujets qui relèvent du régalien et de l’identitaire, et d’abord sur l’immigration. C’est manifeste à l’occasion du débat parlementaire en cours sur le projet de loi de Gérald Darmanin. Sur la suppression de l’aide médicale d’État ou le refus de régulariser des travailleurs sans-papiers, LR n’est plus qu’une chambre d’écho du RN. Même chose quand Éric Ciotti se met à réclamer, en choeur avec Jordan Bardella, l’organisation d’un référendum sur l’immigration.

Depuis 2017, plus la droite recule et plus elle copie l’extrême droite. Et plus elle copie le RN, plus elle recule. LR a enterré depuis longtemps le message de Jacques Chirac, qui exhortait son camp, en quittant le pouvoir en 2007, à "ne jamais composer avec l’extrémisme". En choisissant le plagiat, la droite préfère achever de creuser sa propre tombe électorale.

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