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Ecoutes Sarkozy : polémique en sourdine

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"Personne ne peut se réjouir" assure donc Najat Vallaud Belkacem, la porte parole du gouvernement. Et pourtant, les révélations de Médiapart sur le contenu des écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy apparaissent comme du pain bénit pour la gauche, surtout à quatre jours du premier tour des municipales.
Article rédigé par
Radio France
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Si l'on se réfère au vieux schéma selon lequel
"ce qui nuit à mes ennemis m'arrange", oui, les révélations de
Médiapart tombent à point nommé pour la majorité. Même si elle espère secrètement limiter la
casse, la gauche est promise à l'échec aux élections municipales. Les élections précédentes en 2001 et 2008 lui
ont été très favorables, il lui aurait été difficile de se maintenir à cet
étiage. De plus, les élections intermédiaires, deux
ans après la présidentielle, sont rarement favorables au pouvoir en place. Dans le cas particulier de l'équipe Hollande,
la déception de ses électeurs apparaît de nature à bien plomber le climat
local. Le vote sanction guette.

C'est à ce
moment précis que les révélations de Médiapart interviennent.  Pour inverser la donne ?

Il est vrai qu'en accablant Nicolas Sarkozy,
les révélations de Médiapart éreintent toute la droite. Hier encore, nous le disions ici Raphaël, l'accumulation
d'affaires autour de Nicolas Sarkozy avait donné corps à la théorie du complot. L'ancien président de la République avait
repris son costume de chef de l'opposition, ennemi numéro un du pouvoir  en place, et de ce fait victime d'un
acharnement à la fois médiatique, politique et judiciaire. Ce soir pourtant, le contenu des écoutes
judiciaires, tel que le narre Médiapart, n'accrédite plus cette thèse. L'ancien président de la République aurait
bénéficié, en connaissance de cause, de la corruption d'un haut magistrat. Il aurait
joué avec ses téléphones pour induire la justice en erreur. De quoi le disqualifier sur le plan de la
morale politique, veut croire Harlem Désir, le premier secrétaire du PS.

Mais la
gauche ne crie pas victoire pour autant. La majorité s'efforce de mesurer ses
réactions.

Il faut distinguer entre le gouvernement, et
le parti. Le PS, par son porte-parole et son premier
secrétaire dénonce un scandale d'Etat. Mais la porte-parole du gouvernement, Najat
Vallaud-Belkacem nuance le propos. Certes, elle souligne " l'extrême gravité
des soupçons
 " mais elle dit s'en remettre à la justice, tout en évoquant
des "révélations délétères et mortifères pour la vie démocratiques ".

En clair, le Front national peut être le plus
favorisé par ce climat. Les premières victimes des affaires politiques sont toujours
les partis qui exercent ou ont exercé le pouvoir. 

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