Discours de politique générale : pour Elisabeth Borne, l'exercice difficile de l'incarnation

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La Première ministre est attendue à l'Assemblée, mercredi, pour son discours de politique générale. IUn exercice qui doit lui permettre de présenter son programme et d'affirmer son style.

Article rédigé par
Jean-Jérôme Bertolus - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Elisabeth Borne à l'Assemblée nationale, en février 2022. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS)

Elisabeth Borne prononcera son discours de politique général à 15h l’Assemblée. Et elle répètera l’exercice en se présentant devant les sénateurs, à 21h. C’est une journée cruciale, la Première ministre n’a pas le droit à l’erreur. Elle doit réussir son grand O, son grand oral face aux parlementaires. 

Elle sait qu’elle va se retrouver en première ligne à l’Assemblée et au Sénat dans les prochains mois. Malgré l’absence de vote de confiance, elle doit  démontrer son autorité, afficher sa poigne politique, y compris face à sa propre majorité. Car alors qu’elle prônait un gouvernement de combat, resserré, elle se retrouve à la tête d’un gouvernement concoté à l’Elysée. Un gouvernement pléthorique avec des ministres comme Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin en embuscade.

Trouver son style et tracer la feuille de route

Le discours de politique général passe aussi par l’incarnation. C'est un exercice difficile. Le chaudron de l’Assemblée est impressionnant. C’est un rite de passage classique pour un nouveau Premier ministre, mais parfois dangereux. Pierre Bérégovoy, le dernier Premier ministre de François Mitterrand, avait été ainsi été pris à son propre piège quand il avait dénoncé la corruption et avait suscité la bronca. A l’inverse, Michel Rocard, avait su durablement frappé les esprits en expliquant du haut de la tribune qu’il fallait aussi réparer les boîtes aux lettres cassées et les ascenseurs en panne.

Elisabeth Borne doit donc trouver son style. Réussir à sortir de son attitude corsetée, alors qu’elle est en privé à rebours de son image publique. C'est le syndrome Pécresse. La difficulté de briser l'armure peut conduire à la faillite politique.

Elle devra aussi tracer la feuille de route du gouvernement pour les mois à venir. En premier lieu, sur le pouvoir d’achat, bien sûr. Mais pas question de passer sous silence la réforme des retraites. Le compte à rebours est lancé puisque cette réforme emblématique doit entrer en vigueur dans un an, à l’été 2023 selon les souhaits du chef de l’Etat. Elisabeth Borne devra expliquer comment elle compte s’y prendre pour ne pas susciter un nouveau bras de fer dans le pays.

L’occasion aussi d’expliquer aussi comment elle entend gouverner autrement, en prenant en compte les oppositions. Mais aussi la désillusion des français qui se sont massivement abstenus lors des dernières élections.

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