L'édito politique, France info

Consensus autour de la libération de la famille otage

Il l'a annoncé lui-même, pour dire son "immense soulagement". Mais François Hollande a également tenu à insister sur la nécessaire discrétion qui doit prévaloir. Le chef de l'Etat assure qu'aucune rançon n'a été versée, conformément aux principes français.

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En plein polémique sur le mariage pour tous, la bonne
nouvelle est saluée par l'ensemble des responsables politiques, sans trop de
commentaires. Le sujet ne prête pas à la controverse, d'autant qu'il reste
encore 8 ressortissants français retenus au Sahel. La retenue est donc de mise, pour une fois. La retenue constitue même le maître-mot du discours de François
Hollande en matière d'otages.

"La discrétion est nécessaire" pour obtenir des
résultats, insiste le président de la République.

"C'est en étant le plus discret possible que nous pouvons être
le plus efficace. Vous connaissez la position de la France. Nous recherchons
tous les contacts. Nous utilisons les intermédiaires qui peuvent être les plus
utiles, mais nous ne cédons pas sur le principe qui est le non versement par la
France de rançon. "

Pas de rançon, c'est,
et cela a toujours constitué, la ligne officielle de la France.

Même si François Hollande a pu donner le sentiment de
vouloir rompre avec une pratique passée en rappelant ce principe haut et fort en
février dernier. Le refus de verser, c'était aussi la ligne du gouvernement précédent.

Michelle Alliot-Marie, l'ancienne ministre des affaires
étrangères de Nicolas Sarkozy, se fait fort de le rappeler. "C'est une position qui a toujours été celle de la France et
qui est parfaitement compréhensible. Bien entendu, nous avons la préoccupation
de la santé et de la vie des otages mais en même temps, donner des rançons, c'est
inciter d'autres groupes à trouver de nouveaux otages. Par ailleurs, c'est ce
qui peut permettre aux groupes preneurs d'otages de s'approvisionner en
particulier en armes. Donc c'est quelque chose qui est très dangereux, pour d'une
façon générale tout ceux qui peuvent se trouver à proximité de ces groupes." Quant à la discrétion autour des prises d'otages, elle était
également réclamée par l'ancien chef de l'Etat. Dans un contexte politique marqué par une accumulation de
mauvaises nouvelles, du plan de stabilité budgétaire contesté, au débat de plus
en plus houleux sur le mariage pour tous, le tout sanctionné par des cotes de
confiance en baisse, c'est bien le premier sujet depuis des mois qui permet à François
Hollande de constater un consensus apparent sur un point de son action.

Légende photo: conférence de presse sur la liberation de la famille Moulin-Fournier, ex-otages enleves au Cameroun. Vincent Floreani, porte parole adjoint du Quai d Orsay, Philippe Lalliot, porte-parole du Quai d Orsay, Alexandre GIORGINI, relation presse media****

 

 

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