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Bruno Le Maire et le double effet Jouyet-Fillon à l’UMP

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L’affaire Jouyet profite-t-elle à Nicolas Sarkozy ? Pas si sûr, c’est l’opinion de Bruno Le maire, autre candidat à la présidence de l’UMP. Il est l’invité de "questions d’info", l'interview politique de la chaîne parlementaire, l'AFP et France Info.
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Radio France
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Dans un premier temps, le déjeuner Fillon-Jouyet a été porté au crédit de Nicolas Sarkozy. François Fillon s’est défendu de toute mauvaise pensée, de tout esprit de revanche à son égard. Le réflexe de solidarité s’impose, envers l’ancien champion de l’UMP, victime une nouvelle fois d’un méchant complot politique sur fond d’affaires. Dès sa première réunion publique après ces révélations, à Caen lundi, Nicolas Sarkozy s'est montré magnanime, et rassembleur. Il n’y a plus d’espace pour ses rivaux à la présidence de l’UMP.

 

Ce n’est pas l’opinion de Bruno Le Maire. Pour lui, il ne faut pas s’arrêter à ce premier réflexe, les militants UMP auront une seconde lecture de cette affaire. "Une des raisons de ma candidature, c’est que je suis le meilleur rempart contre la guerre des chefs. Quand est-ce qu'on va en finir avec tout ça ? Assez avec ce passif de la droite, assez avec ces affaires, assez avec ces querelles de personne, assez avec ces scandales financiers. La droite doit se reconstruire de neuf."  Et le neuf, c’est donc le jeune Bruno Le Maire, déterminé à faire table rase de toutes les pratiques du passé.

Une antidote à la guerre des chefs

Ce qui passe par un diagnostic transparent de la situation financière de l’UMP, présente et passée. "Quelle est la question que se posent aujourd'hui les militants ? C'est : est-ce que vraiment on va faire la transparence sur les responsabilités des uns et des autres dans l'affaire Bygmalion ? Mettons des mots sur les choses. Comment on va pouvoir restaurer la crédibilité de l'UMP, comment on va pouvoir restaurer la capacité de l'UMP à diriger les comptes de la nation si nous ne savons même pas diriger les comptes de notre propre famille politique. Donc je ferai la transparence financière totale. Quand Nicolas Sarkozy dit : ''Bygmalion, je ne connaissais pas, je n'ai rien à voir avec ça'', vous le croyez ou pas ?  Moi je connaissais Bygmalion, je n'ai pas hésité à le dire ".

 Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’il avait appris l’existence de Bygmalion (la société dont les surfacturations devaient cacher les dépassements de frais de campagne) longtemps après la campagne présidentielle. Fier d’être de droite 

On a compris que Bruno Le Maire veut tourner la page à l’UMP, mais Nicolas Sarkozy lui aussi veut renouveler le mouvement. Sur ce terrain, finalement, Bruno Le Maire apparaît plus conservateur que Nicolas Sarkozy. Pour l’ancien ministre, il faut reconstruire l’UMP de l’intérieur. "La plus grande différence pour l'UMP, c'est que je veux garder l'UMP, la reconstruire de fond en comble et que Nicolas Sarkozy veut reconstruire un autre parti.  La plus grande différence, c'est que lui estime dans son discours prononcé à Paris qu'il n'y a plus de droite, de gauche, de centre, et qu'il faut un parti de tous les Français, moi je veux un parti qui rassemble les gens de droite. Je suis fier d'être de droite . " Bruno Le Maire est donc persuadé que l’affaire Fillon-Jouyet ne le dessert pas. Précisons que les actions d’un autre candidat montent actuellement.Celles d’Hervé Mariton. Crédité jusque-là de moins de 5% des voix, par les pronostiqueurs internes, pas les sondages, il est pointé à beaucoup plus maintenant. Certains "anti-sarko" exprimeraient ainsi leur refus de la guerre des chefs, leur désir de renouvellement, sans laisser pousser les ailes de Bruno Le Maire.

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