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Assemblée au bord de la crise de nerf

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L'Assemblée vote la poursuite de l'opération de  la France en Centrafrique, mais ce consensus relatif ne masque l'état d'exaspération qui règne entre majorité et opposition. Dernier exemple en date, l'échange très vif entre Manuel Valls et Bernard Accoyer à propos du passé à l'extrême droite d'un actuel député UMP. 
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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La tension
était vraiment palpable dès le début de la séance des questions au gouvernement. Manuel Valls
est aussitôt mis sous pression par l'opposition. L'UMP s'appuie
sur les dégâts causés à Nantes ce wek-end pour dénoncer une action des forces
de l'ordre à deux vitesses, selon qu'elles soient face à l'extrême gauche ou à
l'extrême droite.

Yannick
Moreau, le député UMP, auteur de cette première salve, a très vite désigné l'enjeu :
sa question, dit-il, "s'adresse au Premier ministre, chef d'un gouvernement
à la dérive.
" Il reproche à
ce gouvernement d'être "faible avec les durs de l'ultra gauche et durs
avec les familles
" de la manif pour tous.

Ce que contestent le gouvernement et le ministre
de l'Intérieur.

L'équation
ne convient pas du tout à Manuel Valls, qui tente de la renverser. Pour lui,
certains députés UMP se sont montrés "complaisants"  envers
ceux qui s'en sont pris aux policiers et aux gendarmes lors des manifs
pour tous. C'est ainsi
qu'à l'appui de sa démonstration, Manuel Valls évoque le passé de Claude Goasguen. Ce qui crée aussitôt un
incident, tout le groupe UMP décidant de quitter l'hémicycle. Le président
du groupe socialiste, Bruno Le Roux s'efforce ensuite de minimiser le propos,
en évoquant une erreur de jeunesse.

Un point de vue qui se veut conciliant.

Effectivement,
Certains parlementaires  UMP comme Gérard
Longuet ou Patrick Devedjian ont appartenu à Occident, un mouvement d'extrême
droite durant leurs jeunes années. Is n'en sont pas moins devenus ministres. La gauche n'a
rien à envier à l'opposition  sur ce
point, Lionel Jospin est passé par le mouvement lambertiste à l'extrême gauche,
avant de rejoindre le PS. Ce qui l'a mené à Matignon. L'emballement
traduit l'exaspération réciproque entre la droite et la gauche. Le débat politique
ressemble de plus en plus à une guerre des nerfs. Il est moins
question d'échanger des arguments que de pousser l'adversaire à sortir de ces
gonds.

En début de
séance, Jean-Marc Ayrault s'est exaspéré d'une opposition qui, à ses yeux, mène
"une campagne de dénigrement ". Les députés UMP
chantant "ce n'est qu'un au revoir " à l'adresse du Premier ministre
n'ont pas vraiment démenti ce propos.

L'image qui
ressort de cette séance ne grandit pas vraiment la vie parlementaire ou  la vie politique en général.

A un mois
des élections municipales, elle pourrait  même être interprétée comme un encouragement à
l'abstention. 

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