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Destiny : le jeu vidéo qui valait 500 millions de dollars

500 millions de dollars sur dix ans, "Destiny" est le jeu de tous les superlatifs. Même le cinéma ne peut rivaliser. Est-ce bien raisonnable ?

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Comment un jeu vidéo peut-il afficher une telle facture ? D'abord, parce que les blockbusters du secteur ("Call of Duty", "Assassin’s Creed", etc.) ressemblent déjà à du cinéma, ils sont proches du photoréalisme. Et cette débauche visuelle, elle a un coût. Elle nécessite des centaines d’informaticiens,  d'artistes, de designers, d'ingénieurs en intelligence artificielle, le tout sur plusieurs années avec des pics pouvant atteindre les 1.000 personnes en même temps. Ensuite, il y a le marketing et la pub et ça fait trois ans que "Destiny" fait parler de lui dans la presse spécialisée puis les médias généralistes. Enfin, "Destiny" se joue exclusivement en ligne, ce qui nécessite une connexion permanente à des serveurs pour s’amuser avec d’autres joueuses et joueurs. Leur installation et maintenance coutent cher.

 Voilà pourquoi "Destiny" est la facture la plus salée de l’histoire du jeu vidéo, plus cher qu’"Avatar" ou que le parc Astérix. Et pour mettre 500 millions de dollars sur dix ans, il fallait le numéro un mondial du secteur : l’éditeur américain Activision qui compte dans son giron les sagas "Call of Duty" et "Skylanders".

Bon mais ça parle de quoi ? Déjà, c’est de la science-fiction. Tout démarre de nos jours avec une mission sur Mars et la découverte du Voyageur, une sorte de mini lune qui va jouer le même rôle que le monolithe noir de "2001 l’odyssée de l’Espace", nous faire faire un bond technologique. On peut alors se balader sur Jupiter, Mars ou Vénus comme bon nous semble. Sauf que des extraterrestres débarquent, et là, c’est la Grande Guerre. Le jeu se déroule au 28ème siècle, le système solaire n’est plus que désolation, les humains ont tout oublié. Vous et quelques survivants devront combattre les ennemis de la Terre pour éviter sa totale destruction. Entre "Star Wars" et "Star Trek", les combats sont épiques mais toujours au sol. Dommage.

Est-ce que ça se voit sur l’écran, 500 millions de dollars ? Oui et non. Non, car si c’est magnifique, "Destiny" flatte la rétine du côté des paysages, des décors, du mouvement des personnages, des batailles dantesques, on a l’habitude de cet effet de réalisme dans le jeu vidéo et ici, il n'y a pas de révolution graphique. Sauf que la révolution est peut-être ailleurs. Au début de l’aventure, on est seul face à des hordes d’ennemis pas très sympathiques. Et puis, petit à petit, on voit se balader d’autres joueurs, bien réels. Et on va commencer à se joindre à eux, à former des groupes, des tribus, pour partir à l’assaut ensemble. C’est ça, la petite révolution : amener le jeu en ligne au cœur du salon, sur les consoles de jeu car le jeu en ligne est souvent synonyme de danger auprès du grand public. L’exemple le plus connu, c’est "World of Warcraft" souvent désigné comme un "danger". Et bien "Destiny", c’est aussi un jeu en ligne qui se joue avec des copains ou des inconnus dans un univers qui est censé évoluer en permanence. Comme "Wow". C’est ce qu’on appelle les jeux à monde persistant. Lorsque vous dormez, il évolue. Ces fameux 500 millions de dollars, c’est en réalité un investissement sur dix ans. Et imposer le jeu en ligne au coeur du foyer sera le plus grand défi d’Activision et du studio qui est derrière "Destiny" : l’américain Bungie. Alors attention, c’est un jeu de guerre mais ça ne joue pas du tout sur l'hémoglobine, ce n'est pas un film d’horreur, au contraire. Le jeu est quand même déconseillé au moins de 16 ans.

 

Quel est le minimum côté vente ? Aucun objectif officiel à l’horizon (on parle de 15 millions d'unités en coulisse) mais "Destiny" devra tout de même approcher les 10 millions d’unités vendues dans le monde pour rentrer dans ses frais. Mais il n'y a pas trop de souci à se faire pour sa carrière. Cet été, le jeu a déjà réuni près de 5.000.000 de personnes lors d’une phase de test. Et le jeu détient déjà le record de précommande pour une nouvelle saga. Le voyage interplanétaire est déjà un voyage commercial réussi.

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