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Kebir Ammi, l’enfant de Taza

Hind Meddeb retrace aujourd’hui l’itinéraire de l’écrivain Kebir Ammi qui vient de publier son 7e roman, "Un génial imposteur" aux éditions Mercure de France.

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(© Mercure de France)

Dans son œuvre, Kebir Ammi fait le lien entre des destins individuels et la grande histoire. Son dernier roman, Un génial imposteur , lève le voile sur ces usurpateurs qui retournent leur veste après la guerre et se font passer pour des héros dans une Algérie post-coloniale où les places restent à prendre.

Kebir Ammi grandit à Taza, un village à la frontière du Maroc et de l’Algérie, dans une famille de 6 enfants. Son père était tailleur. Ce 7e roman est aussi un hommage à son père disparu : "Ce roman est une enquête sur les traces de mon père. Il est décédé quand j’étais petit." Kebir Ammi grandit dans un milieu modeste et dans une ville isolée de tout, c’est un livre qui va changer le cours de son destin : "Un jour, je suis tombé par hasard à la maison sur "L’île au trésor" de Stevenson. Je l’ai dévoré. Je l’ai relu à plusieurs reprises. Le seul endroit où il y avait des livres, c’était la librairie Cosmos. Le libraire m’a pris en sympathie et me prêtait des livres en me demandant de ne pas les écorner et de les lui rendre une fois que je les avais lus ."

 

Cette passion pour la lecture déclenche chez lui une passion pour la langue française et l’écriture…"Ma relation à la langue française était une évidence. Secrètement, je commençais à caresser l’idée de devenir écrivain." Pour réaliser ses rêves d’enfant, Kebir Ammi doit quitter son village natal, mais le chemin est plein d’embuches. " Ma mère n’avait pas les moyens de m’envoyer à Casablanca ou à Rabat pour étudier." Soutenu par ses professeurs, Kebir Ammi décide d’émigrer en France et de travailler pour financer ses études. Mais arrivé à l’Université de Bordeaux, il prend finalement la route de l’Angleterre sur un coup de tête. "A Londres, j’ai rencontré un groupe d’Américains avec lesquels je suis devenu ami. A la fin de l’été, ils m’ont proposé de les suivre aux Etats-Unis. Arrivé à Denver, j’ai été à l’Alliance française pour faire traduire mon diplôme de baccalauréat. Et là, j’ai eu une chance inouïe, la directrice m’a proposé de donner des cours de français. Ce qui m’a permis de financer mes études d’anglais à l’université ."

 

Kebir Ammi passe 4 ans aux Etats-Unis mais il ne rêve que d’une chose : revenir en France. Arrivé à Paris, il passe le CAPES d’anglais et devient professeur de littérature anglaise sans perdre de vue ses ambitions d’écrivain. "Tout a commencé avec mon livre "Le partage du Monde" qui a tout de suite intéressé Gallimard Jeunesse, cette première publication m’a donné l’idée de ressortir un vieux manuscrit qui avait été refusé à plusieurs reprises et de le proposer à d’autres éditeurs en leur annonçant la sortie de mon premier livre chez Gallimard ."

 

(© Mercure de France)