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Nouvelle politique de dépistage du cancer du sein

Ce matin, la Haute autorité de santé dévoile sa nouvelle politique de dépistage du cancer du sein. Un cancer qui, chaque année en France, touche environ 50.000 nouvelles femmes et provoque 11.000 décès. C’est le thème de notre rendez-vous santé avec Brigitte-Fanny Cohen.

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(© Maxppp)

Aujourd’hui la Haute autorité de santé personnalise le dépistage en fonction des facteurs de risque. Actuellement en France on propose aux femmes entre 50 et 74 ans une mammographie tous les deux ans. En ne tenant compte finalement que d’un seul facteur de risque : leur âge. On offre également un suivi plus rapproché aux femmes jeunes qui ont un risque de cancer du sein d’origine génétique.

Dans son rapport, la Haute autorité de santé fait le ménage entre les facteurs de risque supposés et ceux qui sont avérés. Mais elle écarte bizarrement certains comportements dont les études nous ont appris qu’ils étaient des facteurs de risque du cancer du sein. Par exemple le tabac. Même l’Inserm a dénoncé récemment le tabagisme passif qui augmente de 10% le risque de cancer du sein.

Le Professeur Jean-Luc Harrousseau, président de la HAS, indique que "de nombreuses études montrent que le tabagisme entraîne soit pas d’augmentation, soit une augmentation modeste du risque. Ce qui ne justifie pas de modification de la stratégie actuelle du dépistage organisée. (…) Malheureusement, le tabagisme entraîne d’autres maladies et d’autres cancers. Mais il n’y a pas de nécessité de faire un dépistage plus précoce, il faut qu’elle suive du dépistage systématique tous les deux ans. "

Autre facteur de risque dénoncé par de nombreux chercheurs : le travail de nuit ou en horaires décalés. Dans certains pays, on considère les cancers  du sein des hôtesses de l’air ou des infirmières qui travaillent de nuit comme des cancers professionnels. Jean-Luc Harrousseau n’est pas d’accord. Le Professeur indique que "de nombreux travaux concernant l’exposition à la lumière pendant la nuit ont montré l’existence d’une petite augmentation du risque de cancer du sein, mais cela n’est pas suffisant pour justifier un dépistage particulier ", tout comme l’alcool, l’obésité, la sédentarité, l’âge tardif de la première grossesse et le THM.

 

Sur près de 70 facteurs étudiés, sept ont été retenus pour changer le dépistage du cancer du sein. Il s’agit essentiellement des antécédents de cancer du sein, de radiothérapie de la paroi thoracique suite à un cancer. La modification du dépistage porte sur l’âge, qui peut être plus précoce par exemple. 

(© Maxppp)