Présidentielle : le retour des sondages dans "Le Parisien" pendant la campagne électorale

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Le journal "Le Parisien" avait fait le choix en 2017 de ne pas en commander. Le directeur des rédactions Jean-Michel Salvator explique les raisons de ce revirement.

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Jean-Michel Salvator, le directeur des rédactions du journal "Le Parisien". (CAPTURE D'ÉCRAN)

C’est son prédécesseur qui ne voulait plus de sondages dans Le Parisien lors de la campagne présidentielle de 2017. Jean-Michel Salvator, le directeur des rédactions, a fait le choix inverse, en associant son journal à franceinfo et Ipsos.

"Les sondages font partie de la campagne et ont une influence très directe sur son déroulement, on l'a vu avec la primaire de la droite où les sondages ont joué un rôle extrêmement important. À gauche, ils ont permis aux candidats de modifier leurs stratégie, comme Anne Hidalgo ou Yannick Jadot. Je pense qu'on est obligé d'en faire et que c'est important pour les lecteurs. Maintenant il ne faut pas prendre ces enquêtes comme des prévisions de résultats plus tard."

Pour couvrir cette campagne, Le Parisien a notamment prévu des "Face aux lecteurs" avec les principaux candidats : "Ce sera avec Christiane Taubira dans les prochains jours. Le choix des personnes qui interrogent est un secret de fabrication du 'Parisien' ! On choisit des lecteurs qu’on connaît, une agence nous recommande aussi certains profils. On les fait un peu travailler avant qu'ils interrogent les personnalités, mais on ne leur dicte par les questions." déclare Jean-Michel Salvator. 

"L’entretien dure deux heures et en général ça donne des résultats spectaculaires, on l'a vu avec Macron en janvier."

Jean-Michel Salvator

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C’est en effet dans cette rubrique-phare du journal que le Président de la République a lâché la phrase : "les non-vaccinés, j’ai envie de les emmerder." Jean-Michel Salvator se souvient de l’après-interview : "La règle en presse écrite, c'est qu'on fait l'interview et après on envoie la retranscription avant validation. Là, Emmanuel Macron est allé tellement loin qu'il ne pouvait pas changer ce mot qu'il avait prononcé plusieurs fois. J'ai attendu avec une certaine curiosité le retour de l'Elysée mais ils n'ont rien voulu changer... J'ai le sentiment que cette phrase n'était pas préméditée, Macron voulait se payer les antivax, c'était évident mais peut-être pas avec ces mots-là. Je pense qu'il est allé au-delà de ce qu'il a voulu dire, il s'est laissé emporter."

Autres nouveautés pour Le Parisien : la mise en ligne dès 21h30 de sa version numérique, deux heures plus tôt qu’auparavant. Le quotidien propose également la parution tous les deux mois d’un supplément consacré à l’environnement, dont le premier numéro paraîtra  samedi 5 janvier : "C'est une demande non seulement des lecteurs mais de la société française. Les Français ont pris conscience que le réchauffement climatique n'est plus une opinion mais un fait, un fait incontestable. Ils ont envie de participer à cette lutte contre le réchauffement climatique à leur niveau, avec cette idée que les petits ruisseaux font les grandes rivières. C'est ce qu'on a voulu faire avec ce supplément qui donnera des conseils très pratiques sur ce qu'on peut faire de plus et de mieux pour l'environnement." conclut Jean-Michel Salvator.

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