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"Nous contestons la décision de Google" : les éditeurs de presse français portent plainte contre le géant du numérique qui ne respecte pas les "droits voisins"

Marc Feuillée, le président du syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), a annoncé qu'une plainte pour "abus de position dominante" va être déposée contre Google. 

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Marc Feuillée, le président du syndicat de la presse nationale, était l\'invité de franceinfo jeudi 24 octobre. 
Marc Feuillée, le président du syndicat de la presse nationale, était l'invité de franceinfo jeudi 24 octobre.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Les éditeurs de presse français vont porter plainte contre Google pour "abus de position dominante", a annoncé jeudi 24 octobre sur franceinfo Marc Feuillée, le directeur général du groupe Le Figaro et président du syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN). Les éditeurs de presse accusent Google de ne pas respecter les règles sur les "droits voisins" qui permettent une meilleure rémunération. "Nous allons saisir l'autorité de la concurrence", a détaillé Marc Feuillée.

"95% des recherches faites via Google"

En réaction à la directive européenne sur le droit d'auteur, Google a imposé de nouvelles règles aux éditeurs pour continuer à bien les référencer. La directive pose le principe du "droit voisin", qui prévoit que les géants du numérique versent une rémunération quand ils réutilisent des contenus sur le net. L'alternative proposée par Google : soit les éditeurs renoncent à la rémunération et ils continuent à être mis en valeur dans les résultats de recherche et dans Google Actualités. Soit ils refusent l'utilisation gratuite, et ils n'apparaissent plus que sous la forme brute d'un simple titre et d'un lien. Une attitude que Marc Feuillée assimile ce "faux choix" à une forme de chantage. "C'est une attitude très radicale et très cynique. Nous n'avons pas le choix."

La quasi-totalité de nos concitoyens ont accès à nos informations via les plateformes, via Google, via les réseaux sociaux. C'est un nouveau mode de distribution. Nous ne pouvons pas nous passer de ces sociétés et pour autant, elles ne veulent pas nous rémunérer.

Marc Feuillée, SPQN

à franceinfo

"95% des recherches sur internet sont faites via Google. Cette décision de Google nous est imposée, nous la subissons et donc nous allons la contester", poursuit Marc Feuillée.

"Nous allons demander le soutien des pouvoirs publics, précise le directeur général du groupe Le Figaro. Le Parlement français a voté à l'unanimité sur les droits voisins. C'est une directive européenne, elle est transposée dans tous les pays européens et nous nous indignons qu'une entreprise puisse se placer au-dessus des lois."

Cette démarche collective contre Google a été confirmée jeudi lors d'une conférence de presse par Jean-Michel Baylet, patron de la Dépêche du Midi et président de l'Alliance de la presse d'information générale, la principale organisation du secteur.

France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l'INA, qui éditent conjointement le site de franceinfo, soutiennent la notion de droits voisins, l'application de la directive européenne et dénoncent la décision de Google. Les entreprises de l'audiovisuel public appuient donc la démarche des éditeurs de presse. Face au fait accompli, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l'INA n'ont pas eu d'autre choix que de répondre favorablement aux nouvelles demandes de Google. Ce qui montre bien la position dominante du moteur de recherche.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien d'Info médias

Marc Feuillée, le président du syndicat de la presse nationale, était l\'invité de franceinfo jeudi 24 octobre. 
Marc Feuillée, le président du syndicat de la presse nationale, était l'invité de franceinfo jeudi 24 octobre.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)