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Les salariés de Libération divisés par la Une du jour

Le quotidien relate en Une les inquiétudes de l'Elysée ce week-end face à une nouvelle affaire sur laquelle enquêterait le site Mediapart. A travers ce qui est présenté comme une analyse politique, le journal donne corps à une rumeur qui prête au ministre Laurent Fabius un compte à l'étranger.

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L'affaire Cahuzac est encore dans tous les esprits, et ses possibles répercussions semblent préoccuper au plus haut point le palais de l'Elysée. Dans son édition du 8 avril, Libération révèle qu'un journaliste de Mediapart, qui enquêterait sur le compte suisse d'un autre ministre, a rencontré Laurent Fabius samedi, et qu'un coup de fil s'en est suivi avec François Hollande pour évoquer cette affaire potentiellement explosive."Plus qu'une affaire, écrit Libération, c'est potentiellement une bombe politique. Tout le
monde fait le même calcul : si Fabius a effectivement un compte en
Suisse, c'est tout le gouvernement qui tombe"
. Pour parachever l'édifice, l'avocat de Laurent Fabius contacte le journal pour démentir officiellement ce qui n'est qu'une rumeur. Elle est d'ailleurs vivement démentie dès la parution par le principal intéressé.

Malaise à Libé

Premier à réagir dès hier soir, le site Mediapart accuse Libération de "perdre la tête" en commentant "une non-information" . Dans la matinée, un comité de rédaction "houleux" se tient au siège de Libé, théâtre de "vifs échanges" entre les journalistes.Quelques heures plus tard, la société civile des personnels de Libération monte au créneau pour dénoncer cette initiative: "Notre travail de journaliste ne consiste pas à rendre publique une rumeur, mais
à enquêter pour savoir si elle correspond à des faits. Ce travail élémentaire
n'a pas été fait. Il s'agit là d'une faute déontologique
grave"
estime la SCPL dans un communiqué. Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction se défend: "Ce qu'on a voulu montrer, c'est que le fait que Médiapart fasse savoir depuis quelques jours, de façon un peu mystérieuse, qu'il s'apprêtait à publier une nouvelle révélation, agitait les cabinets ministériels et l'Elysée. Du même coup raconter ça nous paraissait normal" .

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