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Info médias. Le succès du journal Le Monde en version numérique

Le nombre d'abonnés numériques du journal le Monde a progressé de 44% l'an dernier. Un pari du digital payant pour le quotidien. Analyse d'un succès avec le président du directoire, Louis Dreyfus.

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Le siège du journal \"Le Monde\", en juillet 2013, à Paris.
Le siège du journal "Le Monde", en juillet 2013, à Paris. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

2017 a été une très belle année pour le journal Le Monde. Le titre est en tête des quotidiens nationaux avec une diffusion payée qui a progressé de 5.6% grâce aux abonnements numériques désormais plus important que les ventes papiers. Rencontre avec le Président du directoire du Monde, Louis Dreyfus.

Céline Bayt Dacourt : Comment avez-vous réussi cette transition ?

Louis Dreyfus : C’est la réussite d’un journalisme indépendant. On a fait un pari il y a huit ans c’est d’investir dans le journalisme. En disant que c’est par la qualité de nos contenus, de sa richesse et de sa diversité  qu’on va retrouver la place qui doit être celle du Monde.Donc ont a augmenté de 30% les effectifs de la rédaction ce qui est assez atypique quand on compare avec nos confrères. Huit ans plus tard, on a une diffusion qui progresse et on a réussi à construire une audience numérique. C’est-à-dire qu’on a une démarche d’innovation et d’investissement dans la numérique pour aller chercher de nouvelles audiences et des contenus de qualité. Et ce qui est très rassurant pour nous, c’est que ce sont les contenus exclusifs, les grandes enquêtes, qui nous permettent de recruter, de multipllier le nombre d'abonnés et qu’ils payent pour ces contenus et qu'ils restent. Avec un modèle plus simple puisqu’il n’y a plus de coût de distribution ni d’impression. On a ce modèle vertueux mais sans renoncer au papier. Par exemple, parmi les grands succès qu’on a depuis huit ans, il y a M le magazine du Monde.

Le numérique n’est donc pas l’ennemi du papier alors ?

C’est plutôt une chance pour la presse quotidienne. Il y a dix ans, il était commun de penser que les quotidiens aller mourir tués par internet alors que la presse magazine était florissante. Aujourd’hui, vous avez des groupes de presse magazine qui sont en vente ou qui ont des résultats beaucoup plus difficiles et qui n’ont pas de modèle sur internet. Et vous avez la presse quotidien de qualité, c’est-à-dire le New York Times, ou en France le Figaro et le Monde qui ont commencé à construire un modèle économique très important. On a une croissance de 44% des abonnés numériques en 2017. On est pas sur les kiosques numériques donc les gens qui nous lisent s’abonnent vraiment au Monde. Il faut à un moment se poser la question : pourquoi le seul journal qui n’est pas sur les kiosquesnumériques est le premier journal par la taille de son portefeuille d’abonnés numériques. Tout simplement parce qu’on a besoin d’une relation de confiance avec nos abonnés. Nous au Monde on pense qu’il ne faut pas se cacher sur la valeur de l’information et donc on souhaite ne pas être sur ces kiosques.

Le groupe Le Monde est sur les rangs pour reprendre la société éditrice de XXI et 6 mois, pourquoi ?

Ca nous parait une piste intéressante parce que XXI et 6 mois sont des publications de très bonne qualité avec des contenus écrits par des auteurs remarquables. Donc quand on a vu que ces publications risquaient de disparaître, avec les actionnaires, on a considéré qu’il était normal de faire une offre. Nous aurons gain de cause ou pas. Mais au moment où nous cherchons de nouveaux circuits de distribution, Rollin (la société de diffusion de XXI et 6 mois ndlr) pour nous c’est intéressant. De la même manière qu’on a investi sur Discover qui est l’édition sur Snapchat. Nous permet de toucher 900 000 ados en France qui ne lisaient pas le Monde. Donc on a une logique avec nos actionnaires assez opportuniste, on a besoin d’être agile si on veut continuer à croître.    

Le siège du journal \"Le Monde\", en juillet 2013, à Paris.
Le siège du journal "Le Monde", en juillet 2013, à Paris. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)