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Info Médias. Étienne Huver, journaliste : "Les candidates au jihad sont souvent très déterminées"

Le magazine "Envoyé Spécial" de France 2  diffuse ce jeudi  une enquête sur les Françaises qui partent rejoindre les rangs de Daesh, réalisée par Étienne Huver, Marina Ladous et Roméo Langlois.

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Étienne Huver (à gauche) et Marina Ladous, auteurs de l\'enquête \"Les soeurs : les femmes cachées du Djihad\" autour de Jacques Aragones, co-producteur du film.
Étienne Huver (à gauche) et Marina Ladous, auteurs de l'enquête "Les soeurs : les femmes cachées du Djihad" autour de Jacques Aragones, co-producteur du film. (MAXPPP)

Étienne Huver, Marina Ladous et Roméo Langlois, journalistes à France 2 signent une enquête intitulée "Les soeurs, les femmes cachées du Djihad", diffusée jeudi 2 février à 21h dans l'émission "Envoyé Spécial".

Entre elles, elles se surnomment les "soeurs", les soeurs du djihad qu'on a un peu tendance à oublier. Pourtant, un tiers des djihadistes français partis en Syrie seraient des femmes. Comment sont-elles recrutées ? Quelle place ont-elles dans l'organisation ?

Pour le découvrir, les journalistes nouent des contacts avec de faux profils sur les réseaux sociaux, dialoguent avec des recruteurs et rencontrent des repenties. 

Des femmes jeunes et sans histoire

D'après Étienne Huver, l'un des auteurs de cette enquête, il n'y a pas de profil-type chez ces Françaises qui se laissent séduire par Daesh. Mais souvent, ce sont de jeunes, voire de très jeunes femmes : "La plus jeune qu'on a croisé avait 14, 15 ans. On arrivait pas à le croire", raconte le reporter.

Il explique qu'au long de l'enquête, lui et ses collègues ont découvert que les femmes partent faire le jihad pour plusieurs raisons. "Certaines sont embrigadées sur les réseaux sociaux, ou bien par les gens qui gravitent autour d'elles, mais pour beaucoup, il y a aussi une réelle volonté de partir" souligne Étienne Huver. 

On dit souvent qu'elles sont soumises à leur mari. En réalité, elles sont soumises à Dieu. Elles ont Dieu en tête.

Étienne Huver, reporter et co-auteur du documentaire

à franceinfo

Les journalistes ont également pu se rendre compte par eux-mêmes de la facilité avec laquelle on peut entrer en contact avec Daesh sur Internet. "En quelques jours, on s'est retrouvés en contact avec Rachid Kassim, raconte Étienne Huver. Ce n'est pas n'importe qui, c'est celui qui est suspecté d'avoir activé les assassins de l'affaire de Magnanville et de Saint-Étienne-du-Rouvray".

Un retour en France compliqué

Étienne Huver s'est également rendu compte du manque de prise en charge, pour ces femmes à leur retour du jihad. Il a notamment rencontré Marie, partie à Raqqa avec son fils de 5 ans avant de rentrer en France. "La prise en charge, au retour, est encore très aléatoire, soupire le journaliste. Mine de rien, là-bas, elles ont vécu l'horreur, les bombardements... Et on a rencontré des filles qui, au retour, se sont retrouvées toute seules, sans suivi psychologique".

D'après Étienne Huver, il reste encore beaucoup de travail à faire dans la prise en charge de ces filles, et ce sera l'un des enjeux des années à venir. 

"Les soeurs : les femmes cachées du jihad" est diffusé dans l'émission "Envoyé Spécial" à 21h, le jeudi 2 février sur France 2.

Étienne Huver (à gauche) et Marina Ladous, auteurs de l\'enquête \"Les soeurs : les femmes cachées du Djihad\" autour de Jacques Aragones, co-producteur du film.
Étienne Huver (à gauche) et Marina Ladous, auteurs de l'enquête "Les soeurs : les femmes cachées du Djihad" autour de Jacques Aragones, co-producteur du film. (MAXPPP)