Bernard-Henri Lévy, Alexandre Jardin, André Malraux : Public Sénat se penche sur les intellectuels dans la campagne présidentielle

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D’André Malraux à Alexandre Jardin, en France, de nombreux intellectuels ont pris position pour des candidats lors des élections présidentielles. Samedi 5 mars, Public Sénat diffuse à 21h un documentaire intitulé "Je pense donc je vote" sur cette particularité française.

Article rédigé par
Benjamin Fontaine - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Yves Derai, journaliste et co-réalisateur du documentaire "Je pense donc je vote". (BENJAMIN FONTAINE / RADIO FRANCE)

Depuis le début de la Ve République, des écrivains, philosophes, économistes s’impliquent dans les campagnes présidentielles. Certains ont choisi de le faire dans l’ombre, d’autres affichent leur soutien publiquement comme Bernard-Henri Lévy, Alexandre Jardin ou encore Marek Halter

Pour leur documentaire Je pense donc je vote, les intellectuels en campagne, Yves Azéroual et Yves Derai ont recueilli les témoignages de ces intellectuels.

"Particularité française"

"C’est une particularité française car ailleurs on ne regroupe pas des économistes, des sociologues ou des philosophes sous le vocable d’intellectuels. En France, c’est devenu une forme de tradition depuis Zola et 'J’accuse'." souligne Yves Derai.
Mais ces prises de parole ne sont pas sans risque. "Ils peuvent se tromper, mais la présidentielle c’est l’engagement suprême. C’est pour cela qu’ils ont envie d’y aller. Certains s’engagent contre quelque chose, contre une idée, comme Raymond Aron qui ne veut pas des communistes au gouvernement en 1974, explique le journaliste Yves Derai qui ajoute, il y a aussi ceux qui s’engagent derrière des sujets importants pour eux. Jacques Chirac va ainsi se servir d’une note sur la fracture sociale rédigée par Emmanuel Todd pour en faire un thème de sa campagne de 1995."

Pour la première fois dans un documentaire, Jean-Marie Le Pen revient sur le barrage formé contre lui au second tour de la présidentielle de 2002 par des intellectuels de tous bords. "Il a toujours été irrité par ces personnages qui ont pu le combattre, lui donner des leçons. Il est content de régler ses comptes dans cette intervention.", raconte Yves Derai.

L’engagement peut aussi virer à la déception. Après l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, l’écrivain Alexandre Jardin a critiqué un "produit marketing" . André Glucksmann avait lui aussi formulé des regrets publics après l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. "En rompant avec l’homme qu’ils ont soutenu, ils retrouvent une forme de liberté et c’est important pour eux.", conclut Yves Derai.

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