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Thiéfaine : l’inespoir fait vivre

Le chanteur sort, ce lundi, son 17e album "Stratégie de l'inespoir" qui confirme qu'après ses deux victoires de la musique -remportées en 2012- l'homme continue de fouiller sans relâche les recoins de sa mélancolie. Mais cette poésie, autrefois bien plus amère, s'écoute désormais plus en douceur.

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(Hubert-Félix Thiéfaine ©)

Loin des passages télés et radios, Thiéfaine arrivait largement, depuis 30 ans, à empiler les disques d'or et à remplir les salles, mais depuis 2012, une autre étape a été franchie : non seulement, il a enfin eu la reconnaissance de ses pairs, mais sa musique a mué, jeté des ponts entre deux univers, celui de la chanson française élégante, et celui du rock baudelairien, cette poésie d'apocalypse qui fait la marque Thiéfaine depuis le début. Ici encore, Thiéfaine cultive ce verbe très littéraire, qui pioche autant chez Baudelaire que Philips K Dick.

Les visions d'apocalypse ne sont jamais loin, celles que Thiéfaine égrenait déjà au début de sa carrière, mais l'inspiration s'attarde aussi, désormais, sur des tableaux plus lumineux. Le chanteur, revenu d'un sévère passage à vide, est désormais libéré depuis quelques années de ce qu'il appelle les ‘’substances", mais l'hypersensible qu'il est resté se révèle parfois aussi dans la délicatesse.

Sans aller jusqu'à parler d'apaisement, les tourments d'Hubert-Félix Thiéfaine, qu'il livrait autrefois comme un matériau brut, ont aujourd'hui des parures élégantes. Les arrangements, notamment réalisé par son fils Lucas, y sont pour quelque chose : juste et sans fioritures, ils rendent hommage à la clarté des mélodies de Thiéfaine, et à son phrasé de poète rock.

 

 

(Hubert-Félix Thiéfaine ©)