Les Rencontres d'Arles mettent à l'honneur 50 ans de photos du journal "Libération"

Avec "culture d'été" on se rend au festival d'Arles où débute l'expo 50 ans dans l'oeil de Libé. Les rencontres de la photo célèbrent un demi-siècle de photojournalisme avec le quotidien "Libération", une grande exposition à voir jusqu'au 24 septembre.
Article rédigé par Anne Chépeau
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Quelques unes des une de Libération depuis 1973 (ANNE CHEPEAU / RADIOFRANCE)

La première photo qui accueille le visiteur, aux Rencontres d'Arles qui se tiennent jusqu'au 24 septembre, fit la une de Libération le 17 avril 1980. Jean-Paul Sartre vient de mourir, Libé le montre marchant sur une dune en Lituanie. Cette image insolite avait été capturée en 1965 par le photographe lituanien Antanas Sutkus. Quelque 100 photos commandées ou publiées par Libération depuis 1973 ont été sélectionnées pour cette exposition, "50 ans dans l'oeil de Libé", visible jusqu'au 24 septembre. "C’est 50 ans d’histoire immédiate, vue et racontée par les photographes", explique Lionel Charrier, chef photo à Libération et commissaire de l’exposition.

Le style "Libé"

Les plus grands ont collaboré avec Libération, notamment Martin Frank et Raymond Depardon, eux aussi séduits par le style Libé qui laisse au photographe une grande liberté, l’invitant à casser les codes. Casser les codes, c’est ce qu’a fait Jean Christian Bourcart sur la grande grève de 1995 contre le plan Juppé sur les retraites. "On voit trois manifestants qui ont des képis sur la tête. Ces trois personnages ont l’air vraiment de sortir de nulle part. On n’a pas l’impression d’être dans une manif retraite, on a l’impression d’être avec les Village People. C’est une image qui accroche", souligne Lionel Charrier.

Vue de l'exposition 50 ans dans l'œil de Libé à l'abbaye de Montmajour (ANNE CHEPEAU / RADIOFRANCE)

 

La double une du 12 septembre 2001

Libé ose, invente pour donner à la photo la place qui lui revient. Le lendemain des attentats du 11-Septembre, en 2001, une image se déploie entièrement sur la première et la dernière page du journal : "C’est la première double une qui a été faite sans manchette, sans titre vraiment", se souvient Lionel Charrier.

Depuis 50 ans, Libération raconte en photos le monde tel qu’il va, faisant une large place au reportage. Mais le quotidien a aussi publié des portraits décalés d’hommes politiques ou d’artistes : ainsi en 1984 Patrick Duval photographie Serge Gainsbourg chez lui, dans son lit presque entièrement nu. 


"50 ans dans l’œil de Libé", une exposition à voir aux Rencontres de la photo d'Arles, à l’abbaye de Montmajour, jusqu’au 24 septembre.

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