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Il était une fois en Amérique : 1988, Jesse Jackson et le spectre de l’esclavage

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Alors que l'élection présidentielle se profile aux États-Unis, retour pendant tout l'été sur des épisodes marquants de l'histoire politique américaine.

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Radio France
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Jesse Jackson, lors de son discours à la convention nationale du parti démocrate, le 19 juillet 1988. (BILL PIERCE / THE LIFE IMAGES COLLECTION)

Cette fois-ci, c’est peut-être la bonne pour Jesse Jackson. En 1984, le pasteur avait terminé troisième de la primaire démocrate. Quatre ans plus tard, à l’aube d’un énorme Super Tuesday, jour où un grand nombre d'États votent pour les primaires, il espère bien avoir suffisamment séduit l’électorat blanc pour l’emporter en dehors des États du Sud, où l’électorat noir lui est acquis.

Une proposition qui ne passe pas

Jesse Jackson a de l’espoir. Il a fait de bons scores dans les États blancs du Maine et du Vermont qui ont déjà voté, finissant deuxième, non loin de Michael Dukakis. Mais au lendemain du 8 mars, jour du Super Tuesday, la messe est presque dite. Jackson n’a gagné que dans les États du Sud. Largement distancé ailleurs, ses rêves d’investiture démocrate, sur une plateforme résolument à gauche, se sont brisés sur une de ses propositions qui fait peur à l’électorat blanc : exiger une réparation financière pour les descendants d’esclaves africains-américains.

Malgré son désir de mener une campagne qui dépasserait la question de la race et qui poserait la question sociale au cœur de ses préoccupations, cette proposition, qu’il porte alors depuis de nombreuses années, demeure dans son programme présidentielle de 1988. Une demande peut-être légitime mais inconcevable pour une large partie de l’électorat : moins d’un cinquième des Américains y était alors favorables. Vingt ans plus tard, Barack Obama, d'ailleurs, se gardera  bien d’évoquer cette réparation.

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