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Un Gattaz en première ligne pour réformer l'UNEDIC...(1982)

En 1982, le déficit de l'assurance-chômage est tel qu'une réforme devient urgente. Le patronat français, Yvon Gattaz en tête, défend ses intérêts en se parant de vertus

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Retour  le 20 octobre 1982. Depuis quelques mois déjà, le gouvernement cherche à réformer le régime d’assurance-chômage. Le seuil des 2 millions de chômeurs a été franchi et un système très généreux ont creusé un déficit énorme. Mais hier comme aujourd’hui, les patrons français et leur représentant, déjà un Gattaz, mais Yvon et non Pierre, sont vent debout contre une mise à contribution des entreprises:

"Notre position est d'une clarté lumineuse. Faire payer les salariés, avec la baisse du pouvoir d'achat, je comprends que ça peut être douloureux; faire payer le budget, ça peut être difficile; mais je le rappelle, faire payer les entreprises alors qu'elles ont déjà un pied dans la tombe, ça serait suicidaire. Nous proposons une réduction considérable des indemnisations. Il faut repenser ce système et non voulons sauver les chômeurs"

L’argument semble sorti de la bouche de son fils. Les entreprises vont déjà mal et il faut réformer le système pour lutter contre le chômage, une assurance trop généreuse étant considéré par le patronat comme un frein au retour à l’emploi.

Après d’intenses négociations, des portes qui claquent et des nuits blanches, Pierre Bérégovoy, ministre des Affaires sociales, s’apprête à annoncer les mesures prises pour sauver l’UNEDIC.

L’inflexion libérale est claire. Le patronat a le sourire, même s’il devra finalement mais de manière modérée la main à la poche. Les chômeurs eux sourient moins. Désormais ils seront moins indemnisés, et sur une durée non pas dégressive comme évoqué en ce moment, mais en fonction de la durée pendant laquelle le chômeur a cotisé. Un système qui affaiblira les salariés déjà les plus précaires, les grandes victimes de la réforme de 1982. 

Un déficit de l’UNEDIC, un patronat qui refuse toute hausse de cotisation et une réforme vendue comme un moyen de lutter contre le chômage…Ca ne vous rappelle rien ?

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