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Peugeot en Iran, ou quand le lion rugissait au pays des mollahs

A la fin des années 1970, Peugeot s'implante en Iran et y triomphera même y vendant au début des années 2000 plus de voitures aux particuliers qu'en France. Aujourd'hui, le lion aimerait rugir à nouveau en Iran.

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Thomas SnégaroffRadio France

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Retour au mois d’août 1978.  Patrice Bertin ouvre son journal par un cocorico:

"Le groupe Peugeot-Citroën a réussi un gros coup comme on dit dans le monde des affaires. Le groupe annonce qu'il va racheter les trois filiales européennes de son concurrent américain, Chrysler. Du jour au lendemain, Peugeot va devenir le premier groupe européen, devant les Allemands et les Italiens."
 

Ce rachat permet également à Peugeot de poser un pied en Iran, Chrysler ayant des accords via ses filiales européennes avec le grand fabriquant iranien, Khodro. Une filiale anglaise de Chrysler fournissait les pièces de la Peykan, copie de la Hunter britannique, et Khodro les assemblait.

Désormais et malgré l’arrivée au pouvoir des Islamistes dans le pays en 1979, c’est Peugeot qui fournira les pièces de la Peykan.

Mais les années 1980 sont terribles en Iran. La guerre contre l’Irak et l’effondrement économique du pays réduisent quasiment à néant l’implantation de Peugeot.

Avec la paix, en 1989 la firme dirigée par Jacques Calvet décide de revenir en force, avec désormais la construction de modèles Peugeot. Jacques Calvet:

"Nous avons été contactés pour permettre de fabriquer en Iran un véhicule tout à fait moderne, puisqu'il s'agit de la 405..."
 

Suivront la 206 et d’autres modèles adaptés au marché iranien. En 2006, Peugeot vend même plus de voitures pour les particuliers en Iran qu’en France !  Mais à partir de cette année-là, les sanctions internationales rendent les échanges de plus en plus difficiles et en 2012, probablement sous la pression de son nouvel actionnaire américain General Motors et plus sûrement encore de l’UANI (United Against Nuclear Iran), PSA cesse totalement de livrer l’Iran, alors que l’embargo décrété par l’Union européenne au début de cette année-là ne concernait que le pétrole, la pétrochimie et les métaux précieux…

Craignant d’être dépassé par Renault, PSA sera bien évidemment dans la délégation des entreprises qui se rend aujourd’hui en Iran.

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