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Le BCG, un vaccin "pour sauver les tout-petits"

Le vaccin contre la tuberculose, le BCG, résume en lui-même tous les débats sur la vaccination: l'implication entière de l’État, la foi totale dans la médecine et les doutes de la population. Obligatoire en 1950, le BCG ne l'est plus depuis 2007.

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(Vaccination d'un bébé © Maxppp)

Retour ce matin quelques jours avant noël 1934. Comme depuis 1927 en France, chaque année les Françaises et les Français sont invités à acheter un timbre, mais pas n’importe quel timbre … Et en 1934, c'est une chanson qui doit convaincre de mettre la main au porte-monnaie

"Pour guérir ces malheureux, souscrivez à l'oeuvre admirable du timbre antituberculeux crée par des âmes charitables. Sauvez ainsi de chers poupons, car le produit de ces vignettes permettra l'application du vaccin du docteur Calmette"

 

Chaque année est vendu à Noël le timbre antituberculeux dont les profits servent à lutter contre cette maladie qui tue chaque année dans l’entre-deux-guerres en France 150.000 personnes.

Chaque année ce petit timbre de 2 cm sur 3,5 cm est assorti d’une légende. Et précisément en 1934, la légende est « Calmette, sauveur des tout-petits ». Calmette et avec Guérin l’inventeur du fameux vaccin le BCG en 1921.

C’est l’une des premières campagnes publiques pour pousser les Français et notamment les enfants à se faire vacciner.

Il faut dire qu’il faut convaincre les Français qui ont entendu parler en 1930 du  "drame de Lubeck" , là où sur 251 enfants vaccinés 72 enfants sont morts d'une tuberculose généralisée

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France se décide à rendre obligatoire la vaccination pour tous les enfants. 

Reportage de 1949 dans une école où le directeur se montre très enthousiaste:

"En tant que directeur d'école, je suis heureux de voir s'établir la vaccination par le BCG. Nos élèves, ainsi tuberculisés préventivement, éviteront ces primo-infections graves qui les éloignaient de l'école pour des mois. Grâce à la vaccination par le BCG, la fréquentation scolaire sera améliorée et de nombreuses journées de classe seront récupérées pour le plus grand bien de nos enfants"

Pendant plus de 50 ans, les petits Français seront vaccinés malgré les doutes sur l’efficacité réelle du vaccin. En 1997, l’OMS tire la sonnette d’alarme attribuant notamment l’échec de la lutte mondiale à une  "confiance exagérée dans le BCG". Et 10 ans plus tard en 2007, la France décidera de mettre un terme à la vaccination obligatoire.

L’histoire du BCG résume tous les débats sur la vaccination : l’implication de l’Etat, la foi totale dans la médecine en l’occurrence l’Institut Pasteur, et les doutes finalement légitimes de la population.

Des doutes auxquelles s’attaque l’Europe cette semaine avec la semaine de la vaccination

(Vaccination d'un bébé © Maxppp)