Histoires d'info. Les beaux perdants : Lionel Jospin, l’homme qui ne voulait pas gagner

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Ils ont subi un ou des échecs et ils ont été célèbres. Thomas Snégaroff nous fait revivre les moments les plus épiques de leur vie. Mardi, Lionel Jospin qui le soir d'un échec électoral renonce à la vie politique.

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Radio France
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Lionel Jospin annonce qu'il se retire de la vie politique au soir de sa défaite à l'issue du premier tour à l'élection présidentielle, à Paris, le 21 avril 2002. (JACK GUEZ / AFP)

Le perdant du jour ajoute devant ses militants le choc à l’effroi :"J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après le fin de l'élection présidentielle." Le 21 avril 2002, non seulement Lionel Jospin, Premier ministre sortant, est éliminé au premier tour de l’élection présidentielle, mais Jean-Marie Le Pen est lui qualifié pour affronter Jacques Chirac.
Quelques semaines plus tôt, cette issue n’est imaginée par personne.

Le krach de Lionel Jospin s’explique par une série de dysfonctionnements. Des aspects politiques comme la multiplicité des listes de gauche, des aspects médiatiques avec des faits divers mettant en lumière l’insécurité, mais aussi des aspects personnels qui tiennent à la difficulté de Lionel Jospin de se lancer à corps perdus dans une campagne électorale où l’on doit faire rêver. Or, la rigueur, la raison, la défense d’un bilan, c’est puissant mais ça ne fait pas particulièrement rêver.
En septembre 2020, sur le plateau de C à Vous sur France 5, Lionel Jospin revient sur son échec, et il mèle l’explication politique et l’explication personnelle pour éclairer son échec : "Je n'ai pas toujours été mauvais quand j'étais entouré, quand il y avait une cohérence, je pense que je pouvais être bon."

Le manque de détermination, d’envie, aura été terrible pour Lionel Jospin. Il tentera discrètement à plusieurs reprises de revenir sur sa détermination à quitter la vie politique, mais la roue aura tourné, et sans lui.

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