Histoires d'info. Les beaux perdants : Eric Moussambani, le nageur qui ne savait pas nager

écouter (3min)

Ils ont subi un ou des échecs et ils ont été célèbres. Thomas Snégaroff nous fait revivre les moments les plus épiques de leur vie. Eric Moussambani, un nageur de Guinée équatoriale a participé aux épreuves de natation aux JO de Sydney en 2000. Il est arrivé dernier du 100 mètres nage libre en 1' 52". Il faut dire que huit mois plus tôt, il ne savait pas nager.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Eric Moussambani, nageur de Guinée équatoriale, aux Jeux olympiques de  Sydney, le 19 septembre 2000. (FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP)

Ils ne sont que trois sur les plots de départ du 100 mètres nage libre aux Jeux olympiques de Sydney, le 19 septembre 2000. Mais deux font un faux départ, alors Eric Moussambani se retrouve seul dans l’eau. Habituellement cela n’est pas retransmis à la télévision, mais sur France 2, l’image est à ce point insolite que Laurent Luyat décide de montrer cette course solitaire, très lente et qui fait bien rire le journaliste : "Ça s'est passé il y a quelques instants, c'est un nageur de Guinée équatoriale, Eric Moussambani, qui était tout seul dans le bassin. Il est parti très rapidement. Il a eu un petit peu de mal à finir [rires] mais le public aime ça ! [rires]..."

Le nageur de Guinée équatoriale achève son 100 m en 1' 52", soit 50 secondes de plus que l’avant dernier de tous les nageurs engagés aux Jeux olympiques. Rappelons que le record du monde est alors de 47'' 84. La présence de ce nageur qui n’a appris à nager que huit mois plus tôt, qui n’avait jamais nagé de 100 m et à qui on a prêté un maillot de bain et des lunettes une heure avant sa course a de quoi surprendre. Mais il a profité d’une dérogation pour les sportifs venant de pays en développement au nom de l’esprit olympique.

Beau perdant, Eric Moussambani est acclamé par le stade, mais s’il a sa place dans cette chronique estivale c’est aussi pour la suite de son histoire. De retour de Sydney, il commence à s’entraîner et progresse de manière spectaculaire, portant le record national à 57’', un temps loin d’être ridicule ! Les Jeux olympiques de 2004 se profilent, mais le comité olympique de Guinée équatoriale égare sa photo d’identité, ce qui prive le nageur d’une nouvelle participation olympique. Il est aujourd’hui sélectionneur national au sein de la Fédération de natation de Guinée équatoriale.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.