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Histoires d'Info. Comment éviter "les candidatures fantaisistes"? (1976)

La plupart des candidats à l'élection présidentielle se sont déclarés. Une dernière tache pour eux consiste à recueillir les 500 signatures pour valider cette candidature, ce qui est loin d'être évident.

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Débat télévisé entre Valéry Giscard d\'Estaing (à gauche sur l\'image) et François Mitterrand (à droite sur l\'image), candidats au second tour de l\'élection présidentielle de 1974, le 10 mai 1974.
Débat télévisé entre Valéry Giscard d'Estaing (à gauche sur l'image) et François Mitterrand (à droite sur l'image), candidats au second tour de l'élection présidentielle de 1974, le 10 mai 1974. (AFP POOL)

Les petits candidats à la présidentielle craignent de ne pas obtenir leurs 500 parrainages. Ils sont plus difficiles à avoir cette année avec un changement des règles du jeu. Désormais, les élus envoient eux-mêmes leur parrainage et leur nom est dévoilé. Dans les années 1970, cela se passait différemment.

En 1974, six candidats à moins de 1% des voix

Nous sommes à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle de 1974, portrait d’un "petit" candidat : "C'est le plus jeune, il n'a pas 31 ans, Bertrand Renouvin est docteur es-sciences politiques. Ses options royalistes profondes apparaissent pour certains comme anachroniques, mais son dossier de candidature comportait tout de même tous les parrainages nécessaires."

Un candidat royaliste à la présidence de la République, avouez que cela est pour le moins insolite. Il reste d’ailleurs le seul royaliste à s’être jamais présenté à une élection présidentielle. Lors du premier tour en 1974, 12 candidats sont présents. Et six obtiennent chacun moins de 1% des suffrages, dont Renouvin et ses 0,17 % des voix. Mais chacun a eu un même temps de parole. Il faut trouver une solution.

Roger Gicquel, en janvier 1976, dans le 20 heures de TF1 : "Il y a un autre problème pour l'élection présidentielle, c'est la multiplicité des candidatures. Il fallait qu'un candidat recueille 100 signatures. Le Sénat a adopté récemment une proposition de loi pour porter à 500 le nombre de ces signatures. Cela éviterait les signatures fantaisistes. Mais il faut encore que l'Assemblée nationale adopte cette nouvelle disposition. Elle lui sera présentée à la saison de printemps."

Un filtre qui a marché, au début...

En 1981, Alain Krivine et Jean-Marie Le Pen, tous deux candidats en 1974, n’ont pas le droit de se présenter. Des petits candidats ont tout de même obtenu les précieuses signatures. Arlette Laguiller déclare : "Il y a eu des pressions. D'abord, des autorités préfectorales sur les maires, il y a eu des pressions des grands partis sur les maires qui se réclamaient d'une étiquette politique. Malgré toutes ces pressions, j'ai réussi à obtenir les 500 signatures." Arlette Laguiller a été six fois candidate, ce qui constitue un record sous la Vème république.

Progressivement, ce filtre des 500 parrainages est de moins en moins opérant. Il faut dire qu’avec plus de 40 000 promesses potentielles, cela fait théoriquement plus 80 candidats possibles au 1er tour. Il y en avait d’ailleurs plus en 2002 et 2007 qu’en 1974, quand il ne fallait encore que 100 parrainages.

On a donc durci l’accès aux 500 parrainages. Mais une fois qu’ils les auront, les dits "petits" candidats auront à nouveau de quoi râler. Cette année, il n’y a en effet plus d’égalité de temps de parole entre les candidats avant le début officiel de la campagne, le 9 avril prochain. 


Comment éviter "les candidatures fantaisistes... par franceinfo

 

 

Débat télévisé entre Valéry Giscard d\'Estaing (à gauche sur l\'image) et François Mitterrand (à droite sur l\'image), candidats au second tour de l\'élection présidentielle de 1974, le 10 mai 1974.
Débat télévisé entre Valéry Giscard d'Estaing (à gauche sur l'image) et François Mitterrand (à droite sur l'image), candidats au second tour de l'élection présidentielle de 1974, le 10 mai 1974. (AFP POOL)