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Terrorisme sur Internet : le projet de loi du gouvernement est "inefficace"

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L'actualité numérique de ce mercredi : le projet de loi anti-terrorisme français et son volet pour le Net "inefficace" pour le Conseil national du numérique, les applications "spéciales guerres" de plus en plus téléchargées en Israël, et Apple qui ne fait plus sauter les écrans IBM.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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 (Pour le Conseil national numérique, le blocage des sites ne sert à rien © Maxppp)

Le texte du gouvernement français sur le blocage des sites Internet faisant "l’apologie du terrorisme " est "inefficace et inadapté ". C’est l’avis consultatif du Conseil national du numérique (CNN) rendu ce mercredi. L’instance avait été saisie par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Sauf que, pour le Conseil national numérique, les blocages sont "facilement contournables puisque les contenus ne sont pas supprimés ". En plus, cela aurait un effet contreproductif : les réseaux terroristes seraient tentés de "complexifier leurs techniques de clandestinité ". Et le travail des enquêteurs serait encore plus difficile.

Le ministère de l’Intérieur ne change pas d’avis pour l’instant. Il a fait savoir dans l’après-midi que des discussions sur le blocage des sites "étaient en cours " avec les fournisseurs d’accès. Dans une tribune publiée mardi sur le site du Huffingtonpost , Bernard Cazeneuve avait noté que le nombre de sites faisant l'apologie du terrorisme avait été évalué à une centaine. "Cette mesure ne crée donc pas un délit d'opinion : elle vise, de façon limitative, les contenus diffusés par des individus ou groupes djihadistes faisant par ce biais la publicité de leurs exactions, proposant des moyens de rejoindre le théâtre des opérations ou fournissant les conseils "techniques" pour commettre un attentat ", a écrit le ministre de l'Intérieur.

Le ministère de l'Intérieur et le CNN ont deux visions différentes. Le Conseil national numérique différencie la phase de diffusion des contenus et la phase de recrutement. De son côté, le ministère estime qu'elles sont étroitement liées et qu'il doi faire face à des départs très rapides des jeunes qui ont été endoctrinés. Parfois cela se passe en moins d'un mois. "Il n'est nul besoin d'attendre que les plus motivés soient recrutés pour porter attention à la question préalable de l'endoctrinement ", explique-t-on place Beauvau. Pour le ministère, les contenus sont considérés comme "délictueux " et ne peuvent donc pas être confondus avec "l'expression d'opinions ".

Concernant l'observation possible des conversations privées des internautes, qui inquiètent le CNN, le texte de loi dément toute volonté de surveiller de manière plus approfondie les conversations privées des internautes "ni d'exercer une quelconque surveillance systématique du réseau ". Chaque demande de blocage "sera émise après avis des services spécialisés, lorsqu'ils n'en seront pas eux même à l'origine ", assure le ministère de l'Intérieur.

Guerre et smartphones 

En Israël, la guerre se vit à travers les applications des smartphones. L’application "Couleur Rouge" a été téléchargée par près de 500.000 Israéliens. A chaque fois qu’une roquette est lancée sur Israël, leur téléphone émet une alerte. Mais l'appli a-t-elle une réelle utilité ? Souvent les personnes sont déjà en train de courir vers à un abri quand elle sonne. Certains habitants reconnaissent que ces alertes sont "terriblement anxiogènes ". Elles diffusent également le sentiment de "guerre généralisée ".

Cette application, "Couleur rouge " s’est récemment associée avec une autre application que vous avez peut-être dans vos téléphones car elle est l’une des dernières à la mode. Une application totalement futile et inutile : "Yo!". On envoie des "Yo !" à ses contacts. Les créateurs de cette appli sont Israéliens et ont accepté la proposition des créateurs de "Couleur Rouge". En Israël, les gens peuvent donc envoyer des "Yo !" + Alerte + le nom de la ville ciblée par une roquette envoyée de Gaza. Il existe également une application, plus sérieuse, qui montre une carte interactive des abris publics anti-aériens. Elle s’appelle "Secure Spaces".

 (L'application sonne a chaque fois qu'une roquette est tirée sur Israël © Capture d'écran)

Ennemis d’hier, amis d’aujourd’hui

Apple cherche à séduire les entreprises et s'associe à IBM, son ancien ennemi. Le groupe à la pomme est très populaire auprès du grand public mais moins dans les entreprises. Les deux groupes ont annoncé leur partenariat mardi. Ils vont faire des applications pour l’iPhone et l’iPad en intégrant des technologies d’IBM à destination des entreprises, comme le cloud et l’analyse de big data, c’est-à-dire de grandes quantités de données. De l’autre côté, IBM va vendre les appareils d’Apple aux clients professionnels, dans les secteurs de la banque, du tourisme et des transports et des télécoms.

Un revirement total, puisque souvenez-vous, il y a 30 ans, pendant la finale du Superbowl, une publicité avait fait sensation et est aujourd'hui une référence. Dans une ambiance inspirée du roman 1984 de Goerge Orwell, on voit une sportive qui, façon lancé de marteau, fait exploser un écran, avec un véritable marteau. L'écran représente "Big Brother", comprenez IBM. C'était une pub pour le premier Macintosh. Mais en 2014 mieux vaut s’allier pour concurrencer les géants Google, BlackBerry et Microsoft.

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Japan Airlines traque son personnel en le géolocalisant

Depuis ce mercredi, les personnels au sol de Japan Airlines doivent porter des montres dite intelligentes. La compagnie aérienne peut ainsi les localiser. Le but de cet espionnage consenti, c’est de savoir où sont les employés dans les aéroports pour les envoyer où les passagers ont besoin d’eux. La géolocalisation permet de répondre aux demandes rapidement et d’optimiser les déplacements.

Le personnel portera donc une montre intelligente, smartwatch, géolocalisable comme le smartphone. Pour l’instant, ce n’est qu’une expérimentation qui va durer un mois. La localisation des salariés, ça se fait en France. Les véhicules d’entreprises sont géolocalisés. Ce système est encadré par la loi et la Cnil, veille

►►► A LIRE | Le guide de la CNIL sur la géolocalisation des salariés

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