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franceinfo junior. Pourquoi y-a-t-il des manifestations en Algérie ?

Alors que la mobilisation continue en Algérie, des collégiens posent leurs questions sur ces manifestations contre le pouvoir à Lætitia Bucaille, professeure de sociologie à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales).

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Des manifestants sur un container place de la République à Paris lors du rassemblement qui s\'opposait à une cinquième candidature de Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d\'avril 2019. Photo prise le 3 mars 2019.
Des manifestants sur un container place de la République à Paris lors du rassemblement qui s'opposait à une cinquième candidature de Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d'avril 2019. Photo prise le 3 mars 2019. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

La mobilisation se poursuit en Algérie, deux semaines après le début des manifestations contre le pouvoir en place. Lundi 11 mars, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu'il renonçait à briguer un cinquième mandat mais il restera en place jusqu'à la prochaine présidentielle, élection pour l'instant reportée. Après ces annonces, la contestation citoyenne continue dans le pays. Pourquoi les Algériens manifestent ? Que se passe-t-il avec le président du pays ?

Au micro de franceinfo junior, des collégiens, élèves en sixième au collège Thérèse Pierre de Fougères, posent leurs questions à Lætitia Bucaille, professeure de sociologie à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales). Elle est également chercheure au CESSMA (Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques).

Un président au pouvoir depuis 20 ans

Léonardo voudrait savoir depuis combien d'années le président est au pouvoir en Algérie. "Ça fait 20 ans, il est arrivé au pouvoir en 1999. Et 20 ans, c'est un peu long, c'est une génération, précise Lætitia Bucaille. Il y a plein de jeunes de 20 ans qui n'ont connu que Bouteflika au pouvoir." Un président qui a aujourd'hui 82 ans : "il n'apparaît plus en public, il ne peut pas faire de discours." C'est en partie ce qui a déclenché la révolte en Algérie, explique la spécialiste, "c'est cette campagne électorale [pour la présidentielle] où les partisans de Bouteflika se promenaient avec un cadre à l'intérieur duquel il y avait une photo de Bouteflika" à défaut de pouvoir venir lui-même devant ses électeurs.

Quel est le problème avec ce président ? Les Algériens "trouvent que c'est une mascarade. Ils voient bien que ce n'est pas lui qui est le vrai président, ce n'est pas vraiment lui qui décide. Derrière le président, il y a des gens qui décident à sa place. Donc les Algériens en ont marre de cette fausse apparence de pouvoir, ils trouvent que ce n'est pas du tout démocratique." Dans les manifestations en Algérie, dans la rue, on retrouve "un peu tout le monde" : à la fois des jeunes, des étudiants, chômeurs, des personnes plus âgées, des femmes... "ça semble être assez représentatif de la société algérienne", commente la chercheuse Lætitia Bucaille. 

Pourquoi le président veut-il se représenter ? Est-ce que dans toute l’Algérie les personnes manifestent ? Est-ce qu'il y a des contre-manifestants ? Sur cette page, vous pouvez réécouter en entier notre émission franceinfo junior du jour sur la situation en Algérie et les manifestations contre le président en place. 

franceinfo junior, une émission en partenariat avec le magazine d\'actualités pour enfants 1jour1actu et 1jour1actu.com.
franceinfo junior, une émission en partenariat avec le magazine d'actualités pour enfants 1jour1actu et 1jour1actu.com. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Des manifestants sur un container place de la République à Paris lors du rassemblement qui s\'opposait à une cinquième candidature de Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d\'avril 2019. Photo prise le 3 mars 2019.
Des manifestants sur un container place de la République à Paris lors du rassemblement qui s'opposait à une cinquième candidature de Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d'avril 2019. Photo prise le 3 mars 2019. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)