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Usines d'occasion sur Internet

Ce n'est pas la crise pour tout le monde. La filiale d'Exapro que dirige Thomas Bordier à Prague affiche ainsi depuis son ouverture, il y a 7 ans, une croissance de 30 à 40% chaque année.

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La société s'est spécialisée dans la
revente sur Internet de machines d'occasion pour l'industrie. "Cela va du lave-bottes
à la ligne entière de production textile à plusieurs millions d'euros"
, détaille
Thomas, 31 ans. C'est le même principe qu'E-Bay, les enchères en moins. Car chaque
affaire se négocie au cas par cas. "On pousse toujours les acheteurs potentiels
à venir voir la machine, parfois à faire des tests avec leurs produits, leurs
matériaux."
Exapro affiche 200.000 visiteurs par mois et 3 à 400.000 euros de
chiffre d'affaires par an. "Notre innovation, revendique Thomas, c'est l'aspect
international de ce négoce. En Europe, on a des concurrents sur des secteurs
spécifiques, mais sur le général, nous sommes les seuls." 

Agroalimentaire,
plastique, textile, bois : Exapro balaie en effet toutes les filières. Le
dépôt des annonces est gratuit. La société prend une commission (entre 5 et
10%) sur les ventes conclues, et en ces temps de récession, se défend de tirer
profit des fermetures d'usines. "Les entreprises qui battent de l'aile, c'est un
trop gros risque, argue le Français. Une société en liquidation joue déjà des
tours à ses créanciers et à ses salariés, alors notre commission..."
Exapro
emploie 12 commerciaux en République tchèque, en majorité de jeunes diplômés français.
Seules deux personnes travaillent encore au siège, à Sèvres, près de Paris,
elles sont chargées des finances, du support et de la programmation du site. Depuis
Prague, chacun prospecte les usines de son secteur en Europe.

Thomas Bordier,
qui a grandi à Fontainebleau, en Seine-et-Marne, est titulaire d'un master en
marketing. Il a aussi une solide expérience dans l'informatique et Internet
depuis son passage par le Québec, en 2001, où il a participé au lancement des
premières  boutiques en ligne. "Le but
d'aller en République tchèque
c'était de passer d'un portail
français à un site européen, de créer des ponts entre les marchés
. Et puis mes
grands-parents étaient tchèques!"
explique Thomas. Les effets de la mondialisation sont parfois
cocasses. Thomas se souvient ainsi de cette énorme presse à injecter, démontée
et chargée sur 5 poids lourds : "la machine avait été rachetée à distance
par une société coréenne. Elle a traversé l'Europe de la Normandie jusqu'en
Slovaquie. Et comme le vendeur ne parlait pas anglais, on a du tous leur
prendre la main pour organiser le convoi exceptionnel, ça a été du sport!"
Et le
Français sait de quoi il parle, puisqu'il pratique depuis 15 ans le
ju-jitsu.           

Lui
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Aller plus loin

Retrouvez ce portrait dans le livre "S'expatrier, vous en rêvez, ils l'ont fait !", 100 portraits d'expatriés français aux éditions Studyrama

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