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L'Europe à coeur à Bruxelles

Mondialiste, international, Daniel Guéguen, est un passionné d'Europe.

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Depuis que dans les années 1986-1987, il a commencé par diriger la fédération des betteraviers - sucriers à Bruxelles, après une expérience dans le ciment, chez Lafarge.

"A l'époque, se souvient-il, c'est un grand marché qui se présentait, une grande chance." Breton, marié à une Belge germanophone, à 56 ans, Daniel a toujours aimé les voyages, faire le tour du monde. Un temps photographe pour le "Télégramme de Brest", il dirige aujourd'hui à Bruxelles une société de 30 personnes, spécialisée en conseil aux entreprises et en lobbying, Clan Public Affairs. "Ce sont des métiers passionnants, s'emballe Daniel. Le lobbying moderne, ce n'est plus aller tirer la manche des députés dans les couloirs, ce sont des professions de premier plan, extrêmement sophistiquées, au même titre qu'un avocat international, des métiers d'analyse et d'action, d'anticipation, qui évoluent très vite. Il faut une forte culture personnelle, de fortes bases économiques et juridiques".

En France, on ne respecte pas ces professions, contrairement aux Américains ou aux Anglais où les "Public Affairs" sont au cœur du pouvoir et des techniques d'influence. Ses clients aujourd'hui sont les ONG, les associations professionnelles, dans la chimie, l'automobile, le sucre, le lait, ou des régions qui ont monté leur bureau à Bruxelles. Mais la France est décalée par rapport à l'Europe, regrette Daniel Guéguen. En 20 ans, Paris a perdu énormément d'influence à Bruxelles "une erreur stratégique majeure, vu que 75% des lois françaises sont d'origine communautaire !". Alors qu'on a su faire dans le passé, poursuit Daniel, "dans les années 60-70, les as du lobbying à Bruxelles étaient des Français. Y'a pas de fatalité." Aujourd'hui, constate le Français, l'Europe n'est plus une priorité en France, pas un enjeu du débat. Paris se retrouve isolé dans le concert des nations. "La France est court-circuitée alors que les gouvernements ont systématiquement voté pour l'élargissement et les accords de libre-échange".

Daniel Guéguen et son épouse vivent à Bruxelles, dans une petite maison de ville avec jardin. "Quand on veut faire du lobbying, dit-il, on ne prend pas le Thalys, on est immergé en permanence dans le milieu européen, comme un poisson dans l'eau avec ses réseaux, ses contacts. Il faut faire partie du paysage pour avoir les dossiers passionnants". Gros lecteur, profond amateur d'art, chevalier de la Légion d'Honneur, il dévore le soir et le week-end des ouvrages sur la sculpture. Auteur de nombreux livres sur l'Europe, Daniel Guéguen ne se voit pas finir ses jours en Bretagne, parce qu'il a mille "terras incognitas" à découvrir encore, et que son expérience de président de la diaspora bretonne, l'Organisation des Bretons de l'Extérieur, l'a sans doute échaudé, "on voulait en faire un bel outil économique, mais il y avait trop de querelles de clocher".

 

**Aller plus loin

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Retrouvez ce portrait dans le livre "S'expatrier, vous en rêvez, ils l'ont fait !", 100 portraits d'expatriés français aux éditions Studyrama

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